LA SAVOIE : DE LA DESANNEXION A LA FEDERATION

Logo_savoie-300x300Dans le cadre de la série « L’autonomie : points de repéres pour nourrir la réflexion », nous avions publié, le 17 avril 2010, un dossier consacré aux annexions par la France des territoires de la Savoie et de Nice. On peut utilement s’y reporter pour comprendre le contexte et les enjeux des efforts menés à ce jour par les « désannexionistes » – c’est ainsi qu’ils se définissent – savoisiens (de préférence à « savoyards »), et des indépendentistes niçois. Ceux-çi se référent en particulier au Droit International pour mettre en exergue la caducité du Traité d’Annexion de 1860, qui, il faut bien le dire, fut une forfaiture des plus achevées.

Le texte que nous proposons çi-après à votre information et à votre réflexion entre dans le cadre des projets institutionnels ou propositions politiques de pays ou nations pris dans les filets uniformisateurs/centralisateurs de la France. A dire vrai, il n’est ni l’un ni l’autre, mais bien, comme indiqué dès son intitulé, un « Projet de Constitution de la Fédération Savoisienne ». A la lecture de ce document très élaboré et précis, on notera la référence, à plusieurs reprises, à la pratique des « votations », c’est à dire des consultations populaires ayant cours en Suisse… et pas toujours pour le meilleur des usages !

Il n’est guère étonnant que les désannexionistes savoisiens se référent à ce système de démocratie participative en vigueur dans le pays précité, car des sondages d’opinions démontreraient qu’une majorité de savoisiens verraient d’un bon œil… le rattachement à la Confédération Helvétique. Ainsi, une enquête d’opinion réalisée en juillet 2010 par l’institut SwissOpinion et publié

Par l’hebdomadaire Weltwoche de Zürich faisait apparaître que dans les départements 73 et 74 (pour parler jacobin…), 48% des sondés souhaitent que la Savoie soit incorporée à la Suisse; 39% sont contre et 13% indécis. Même s’il faut prendre de tels résultats avec prudence – un sondage n’étant qu’une photographie de l’opinion publique à un moment donné, et en se disant que ladite enquête n’avait pas d’incidences réelles, comme pour un référendum – , cela traduit au moins une inclinaison ou un intérêt marqué de la part de la population savoisienne envers « l’option suisse ».

Evidemment, on peut penser qu’au vu de toute sa tradition historique, des crispations nationalistes franchouillardes de toutes ces dernières années ainsi que de la très nette tendance actuelle à une recentralisation politico-institutionnelle, la France est à des années-lumières de concevoir de telles évolutions. Il faut se dire cependant que des statu-quo que l’on pensaient immuables peuvent être remis en cause à brêve échéance et que, par exemple, la construction européenne – aussi peu satisfaisante qu’elle soit encore aujourd’hui – à des effets centrifuges sur l’archaisme français en matière institutionnelle.

 

Allande SOCARROS (suite…)

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