Pour une autonomie réelle dans un fédéralisme abouti

Voici la seconde partie des réflexions d’Allande Socarros, au sujet des événements de Catalogne. Il y aborde des distinguos subtils, qui pourraient être définis en  des termes aussi inhabituels dans l’esprit des gens, telle « la pleine autonomie » ou « l’indépendance ». « L’indépendance » non assujettie à une « pleine autonomie », pouvant ressembler à une véritable sujétion, surtout à une époque où les entités étatique sont soumis à des alliances militaires ou économiques, dans lesquelles une notion de supra nationalité peut l’emporter au niveau des décisions économiques, donc sociales ou militaires. Cette supra nationalité étant bien souvent une soumission aux intérêts d’un État prépondérant (les États Nations luttant conte l’émergence de nouvelles entités, bien souvent antérieures à leur existence, et ne disposant plus de leur « pleine autonomie »).

 

  Pour une autonomie réelle dans un fédéralisme aboutiLe bras de fer engagé entre le pouvoir autonome catalan dirigé par une majorité pro-indépendance et le gouvernement espagnol aux mains du Partido Popular de Mariano Rajoy n’a pas vraiment mis l’accent – du moins dans les milieux médiatiques et celui des commentateurs politiques – sur la question du droit à l’autodétermination. Cela montre combien la réflexion sur ce sujet de fond est escamoté par le déferlement sur la place publique des termes comme « autonomie » ou « indépendance », plus rarement « souveraineté », qui sont de surcroît allègrement pris pour synonymes et « vendus » tels que à une opinion publique peu au fait des ces choses là… Or, il y a évidemment bien des différences entre ces concepts, tout au moins si on les étudie d’un point de vue juridico-institutionnel.

Par ailleurs, l’écho médiatique suscité par le succès électoral des forces du mouvement national corse n’a pas non plus contribué à clarifier le tableau… surtout si on se réfère seulement à la grille de lecture des médias français. La quasi-totalité de ces organes de presse baigne dans le « roman national » de la « France une et indivisible », du « pays des lumières », quand ce n’est pas dans la fadaise de « la Patrie des droits de l’homme » et, par conséquent, leur champ d’analyse ne conçoit absolument pas que les réalités puissent être autres. Concernant la Corse, il faut toutefois dire, à la décharge des médias français en cause, que l’union électorale victorieuse de ‘Pe a Corsica’ (Pour la Corse) ne leur a pas facilité la compréhension, puisque cette alliance regroupait des « autonomistes » et des « indépendantistes ». Moi-même, j’avoue que j’ai du mal à comprendre comment des autonomistes corses ne seraient pas ipso facto des partisans de l’indépendance et comment les indépendantistes pourraient imaginer atteindre une pleine souveraineté sans passer par l’étape de l’autonomie.

Quoi qu’il en soit, la France des journalistes et commentateurs politiques, des spécialistes auto-proclamé des « nationalismes » – parmi lesquels il n’incluent pas, bien entendu, le nationalisme français jacobin -, des patriotes franchouillards de clavier qui sévissent sur les réseaux sociaux a agité le spectre du « séparatisme » corse parvenu aux rênes du pouvoir sur sa terre d’élection… Et de se répandre en les habituelles formules caricaturales, telles que « repli sur soi » ou encore « risque de balkanisation de l’Europe ». Des exégètes qui jamais au grand jamais ne remettront en question le pourquoi de la souveraineté dont bénéficient des micro-États membres de l’Union européenne, comme le Luxembourg ou Malte ou de pays à population réduite comme les Pays Baltes. Dans leur esprit, c’est un état de fait établi, qui n’a cependant pas vocation à se reproduire, tout au moins dans l’espace communautaire européen. On en revient à ce grand classique de la mauvaise foi des dirigeants, du personnel politique, de la coterie médiatique, de la camarilla des « experts », et de la masse ignorante de la population des États-nations : le raisonnement à géométrie variable dont l’axiome majeur est « ce qui peut être vrai là-bas ne l’est pas ici »… L’histoire souvent leur a donné tort, mais ils s’enferrent dans leur déni… en disciples d’un nationalisme français fondé sur la mise sous tutelle de pays et de populations, sur l’expansionnisme territorial par agression guerrière, ruse ou forfaiture, sur la colonisation d’hier et le néo-colonialisme d’aujourd’hui, sur une prétention à l’universalisme… (suite…)

Quand le droit à l’autodétermination se confronte aux états nations

Le droit à l’autodétermination et son application : deux concepts à différencier

Le référendum du 1er octobre 2017 en Catalogne sous tutelle de l’État espagnol a donné lieu à une profusion d’avis plus ou moins pertinents au sujet du droit à  l’autodétermination des peuples et à son application pratique. Comme toujours en pareil cas, un certain nombre de confusions, d’erreurs conceptuelles, d’interprétations hasardeuses voire de contre-sens ont pollué le débat sur une thématique qui nécessite, plus que toute autre, rigueur, précision et sérieux. La puissance prise aujourd’hui par ce qu’il est convenu d’appeler les « réseaux sociaux » a accentué, jusqu’à la caricature, ce capharnaüm dialectique. En effet, à l’heure actuelle, via ces fameux « réseaux sociaux », n’importe qui peut s’exprimer sur n’importe quoi, et cela à tout bout de champ, sans aucun filtre, et sans avoir à justifier de sa connaissance d’un sujet donné. La liberté d’expression doit certes être conçue dans l’acception la plus large possible, mais il faut bien avoir conscience qu’elle permet, dans les temps présents, la diffusion d’une quantité invraisemblable d’inepties. Ainsi, et ce n’est pas la pire des aberrations, on confond allègrement : reconnaissance du droit à l’autodétermination, application ou exercice du droit à l’autodétermination, référendum, légalité d’une consultation des populations, indépendance, souveraineté, etc…

Mon avis n’est sans doute pas plus autorisé qu’un autre, mais m’intéressant à ces questions depuis fort longtemps et ayant fait l’effort de creuser un peu les choses, je livre ici mes réflexions et opinions en la matière.

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Le poid du passif, où le retour des idées derriére la tête

Qu’est ce qu’une oligarchie, et es t’il possible d’échapper aux formatages de son milieu d’origine?
Dans un débat d’idées, en énonçant que des idées,  certaines critiques peuvent être difficiles, à partir du moment où on est censés appartenir à la même mouvance, du fait d’une certaine bienséance (pas nécessairement partagée par tous).
Par contre , il peut arriver que les réalités que recouvrent ces idées n’aient , ni les même conséquences, ni les même implications, selon son origine. Cela peut être un problème de culture, mais aussi lié aux premiers apprentissages de la petite enfance: la réalité que l’on met derrière la signification des mots, n’est pas nécessairement similaire suivant qui nous l’a transmise.
Dans un milieu, où les places sont déjà prises, parfois depuis plusieurs génération, le sens de « ce qui nous est dû » par « la loi naturelle », n’apporte pas ,nécessairement, la même interprétation au sens des mots valeurs ou injustice. Pour certains, tout sera conditionné par la préservation d’une échelle sociale, car il s’agit de l’organisation naturelle de la société, et de ce fait le côté méprisable, des personnes qui veulent aplanir cette échelle sera plus qu’évident (…). De fait, le combat s’arrêtera quand l’injustice faite à leur famille sera résolue. Par contre, cette analyse ne tient absolument pas en considération, les interactions liées à un monde qui évolue, ou qui est soumis à des implications extérieures. Le combat s’arrête à leur personne, ou à leur famille, ou à leur groupe restreint. Dans une société fermée, dans laquelle les élites sont le Peuple, et le peuple n’est rien ( ce qui a pu être le cas, quand chaque famille était une famille nombreuse, surnuméraire et où l’individu non relié à un réseau n’était rien).
Cette forme d’analyse déformée, impacte l’esprit de ceux qui en sont originaires. La vision de l’autre, est au pire une vision paranoïde: dans un absolu, tout individu qui ne participe pas à la « famille », est une menace, et déclenche un réflexe d’agression, pouvant amener à de véritables crises de paranoïa aiguës. A cela, s’ajoute le fait qu’il est très facile d’utiliser les techniques, qui ont été inculquées dès l’enfance: quand on apprend à se servir d’une scie ou d’un marteau, la découverte d’un pinceau ou d’une paire de ciseaux n’est pas évidente.
La reproduction de la forme de société ne se fait pas par l’idéologie, mais par les pratiques utilisées. On peut, par exemple, se définir comme féministe, et traiter tout élément féminin comme une serpillère, ou un utilitaire (du groupe restreint ou de l’intérêt fonctionnel ou particulier du groupe): l’important ce n’est pas le chiffon que l’on agite, ce sont les pratiques, les actes et les faits, le conditionnement familial ou éducationnel est prédominant dans ce cas  (pour certains être propriétaire d’une idée comme on pourrait être propriétaire d’un champ, ou d’un troupeau).
L’arme de la meute ou la fabrication par ingénieure sociale des réputations, est un trait archétypal de la reproduction de société archaïque basée sur un organisation oligarchique, détruisant par essence toute force d’évolution (mais non toutes formes de profits).
Cette mini analyse permettra peut être d’expliciter, une des causes de la faillite des idées abertzales actuelles (parfois leur remplacement par d’autres plus opportunistes ), ou d’en rajouter à l’analyse développée par Allande Socarros.

Pays Basque nord : un mouvement abertzale de gauche en déshérence

Allande Socarros —

Il n’est pas dans mon intention d’analyser aujourd’hui les résultats des élections législatives

Il n’est pas dans mon intention d’analyser aujourd’hui les résultats des élections législatives des 11 et 18 juin 2017 du point de vue abertzale, dont on sait que l’offre proposée à l’électorat était double, à savoir les candidats estampillés Euskal Herria Bai et ceux du PNB/EAJ. Outre le fait que, le temps ayant passé, ceci pourrait à juste titre apparaitre comme du « réchauffé », d’autres maitrisent bien mieux que moi cet exercice qui requiert à la fois précision, impartialité et clairvoyance.

Je relèverai juste que les concurrents abertzale ont eu le « triomphe modeste », si tant est que triomphe il y ait eu matière à avoir… Augmentation en nombre de voix et en pourcentage ? Peut-être… Tout dépend du mode de lecture que l’on adopte et de la comparaison que l’on établit. Mais ce qui est en revanche absolument indéniable, c’est le fait que, à l’instar de la France entière, le Pays Basque nord n’a pas échappé à une abstention record de la part du corps électoral. Donc, si d’aucuns avaient voulu se gargariser d’avoir progressé en termes de nombre de voix ou de pourcentage, ou des deux à la fois… il aurait été facile de leur rétorquer que l’abstention massive démontre en creux que l’offre abertzale non plus n’a pas réussi à mobiliser les électeurs. Si une moitié de l’électorat a boudé les représentants des forces succursalistes françaises – y compris ceux qui se prétendent « En Marche » vers du renouveau dans la vie politique –, elle ne s’est pas davantage sentie attirée par les abertzale, qu’ils soient de « gauche » ou de « droite ». Cela devrait à tout le moins interpeller les « stratèges » de la chose électorale au sein des formations politiques abertzale… si celles-ci n’étaient pas retombées fissa dans la léthargie qui les caractérise depuis bien longtemps, hors périodes des élections ! (suite…)

Un article critique alors que pour une presse abertzale optimiste, le millénium est presqu’accompli

Depuis plusieurs années, les guerriers sont fatigués ou écartés. Le mot guerrier ne doit pas être pris dans sa signification intégrale, il pourrait correspondre plus facilement au terme que dans d’autres endroits on qualifierait de « gauchiste« , car comme tout un chacun le sait, ceux ci ont tendance à voir dans la société un terrain de bataille, et par là, il est facile de les assimiler à des tenants d’un idéal révolutionnaire incontrôlable.
A l’opposé se situe le « gestionnaire« , que l’on peut assimiler à un individu de la droite traditionnelle locale, dont la survie va de paire avec la récupération de l’héritage des luttes passées, même s’ils se battaient contre, fort peu de temps auparavant.
Ainsi l’oligarque traditionnel s’humanise en abertzale (patriote basque), après avoir représenté une forme de pouvoir inégalitaire et autoritaire, lié à une société figée depuis des siècles , où règne un certain sentiment égalitariste au niveau de la base, mais où la stratification de la société fait rêver à un ordre établi cimenté par une idée religieuse apparente et inaltérable. Cette société ou les ressources restreintes, ont poussé pendant des siècles les gens du peuples à s’expatrier. L’appartenance à une terre , et les droits de la gestion de celle ci par les ainés, liée à une forte natalité, ne permettant pas à tous de se rattacher à la gestion d’un domaine: Une majorité de sans terre, perdant leur représentativité, mais non leur liberté s’expensant dans le monde entier.
Or la ressource locale, liée au taux de natalité fort s’épuise, s’établissant au nivaux globaux européens, l’idée religieuse disparait comme ciment de la société, compromise par ses excès et le rejet d’une stratification de la société traditionnelle trop important et trop inégalitaire. Désormais chaqu’individu compte, car il n’est plus en version jetable.
D’un autre côté, il n’y a pas de faute à rechercher chez les autres, (car ce sont toujours les habitants locaux qui vendent leurs terres au plus offrants), et ceux ci ne sont pas infâmes, ils sont humains et leurs valeurs humaines sont parfois et souvent vraiment réconfortantes.

Le « désarmement de ETA » ou l’histoire d’une triste pantalonnade…

Allande Socarros —

L’effervescence du 8 avril 2017, jour où l’organisation clandestine armée ETA est censé avoir été « désarmée », étant retombé comme un soufflé de gâteau (basque ?), je me décide à apporter quelques réflexions sur ce que je qualifierai d’emblée de « journée de dupes ». Dans un  commentaire sur mon compte Facebook, publié la veille de cette journée qualifiée « d’historique » par certains, j’avais déjà exprimé mon opinion sur le sujet et c’est cette première appréciation que je vais développer ici. (suite…)

PRESOAK ETXERA – AMNISTIA OSOA ! AMNISTIAREN EGUNA2016

PRESOAK ETXERA – AMNISTIA OSOA !

Dernier dimanche d’octobre : à Macaye bien sur !

Un rite, une tradition, une messe ? non ! Un temps fort, public et chaleureux autour d’une revendication l’Amnistie. Plus de trente ans que le mur à gauche de ce village de l’intérieur raisonne à chaque fin d’octobre d’un cri : l’amnistie, l’amnistie totale pour nos prisonniers et pour tous les militants engagés dans la lutte de libération d’Euskal Herria.

C’est comme une borne franchie chaque année sur le chemin de l’ensemble des actions menées pour l’amnistie.

Sommes-nous pour leur rapprochement de leur famille et de leur Pays ? Oui – sommes-nous pour leur libération normale, conditionnelle ou pour raisons de santé ? Oui – sommes nous pour le retour des exilés ? Oui – qui pourrait en douter ?

Tout ce qui rend leur vie moins dure, tout ce qui les rapproche de la sortie, nous le soutenons et nous le prenons comme nous l’avons fait depuis des années dans des campagnes contre l’isolement ou en faveur de la libération de tel ou tel prisonnier pour telle ou telle raison.

Dans le même temps nous réaffirmons bien haut que les prisonniers sont des militants politiques engagés volontairement dans la lutte pour l’Indépendance, que cette lutte continue et que la résolution du conflit passe par l’Amnistie car cette dernière est la reconnaissance politique de leur lutte. C’est ainsi qu’il est possible de construire une paix durable à laquelle, il est bien évident, chacun aspire.

En Iparralde, ce combat pour l’amnistie a une couleur particulière car cette notion est maintenant ancrée, et nous l’espérons définitivement, au-delà des rangs abertzale. La déclaration de Bayonne du 24 octobre 2014 qui appelait à l’élaboration d’une loi d’amnistie ne rassemblait-elle pas des personnes aussi différentes que J-R Etchegaray, X. Larralde, J.Bortayru, M.Brisson ou F.Espagnac ? L’amnistie est plus que jamais d’actualité, ce n’est ni un mirage, ni une chimère, c’est un objectif concret et réaliste. Mais elle ne tombera pas du ciel et les états qui nous oppressent ne l’accorderont que, quand et parce que nous aurons construit un rapport de force large et diversifié autour de cette revendication.

Peut être alors ferons nous tout autre chose en ce dernier dimanche d’octobre.

Mais d’ici là tous à Macaye le 30 octobre pour réaffirmer notre volonté de les voir sortir, amnistiés.

AMNISTIARIK GABE, BAKERIK EZ !

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