LA SARDAIGNE

800px-bandiera_ufficiale_rasIl existe dans le monde abertzale une certaine propension manichéenne qui amène à penser que tout ce qui émane de la République Française est forcément coulé au moule jacobin et ne dévie jamais de cette vision idéologique. C’est pour une bonne part vrai, mais il y a quand même dans les plus hautes institutions françaises des gens qui s’intéressent à ce qui se passe ailleurs, y compris sur la question du fonctionnment d’institutions fort éloignées du modèle centralisateur français. (suite…)

LA CORSE

450px-coat_of_arms_of_corsicasvgLes conclusions et préconisations du Comité Balladur pour la réforme des collectivités territoriales ont été largement rendues publiques… avant même que le rapport ne soit remis entre les mains du Président de la République Nicolas Sarkozy. On pourrait se demander si cette communication anticipée aux médias ne relêve pas de la technique du ballon-sonde dont le but serait de jauger les réactions dans le monde des élus locaux…

Quoi qu’il en soit, le rapport du Comité Balladur aura des incidences pour le Pays Basque nord. La délégation qui a été reçue par les membres de la commission a insisté sur le fait que le Pays Basque [nord] devrait avoir les moyens d’exprimer sa spécificité et a même évoqué la piste d’une évolution statutaire expérimentale «à la Corse». En connaissance de ce fait, on ne peut manquer de relever le paradoxe, qu’en matière de propositions pour une évolution institutionnelle, des non abertzale font preuve de plus de hardiesse que des organisations abertzale ayant pignon sur rue. Il y là de quoi se poser des questions sur la maturité d’une famille politique qui aurait vocation un jour à accéder au pouvoir… Mais ceci est une autre question. (suite…)

« L’OUTREMER »

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Le conflit social que vit en ce début d’année 2009 la Guadeloupe – et qui a des extensions en Martinique – rappelle, si besoin en était, que la grande majorité de la population de ces destinations « Poule aux œufs d’or pour les tours-opérateurs » subit une situation que l’on peut, sans risque d’être démenti, qualifier de « néo-coloniale ». Pour ne citer que quelques données, il convient de rappeler que 80% des leviers économiques de la Guadeloupe sont entre les mains des descendants des colons blancs – les békés – ou de ceux des populations immigrées d’origine asiatique ; que le taux de chomage y est de quelque 22% (dernier trimestre 2008), voire de presque 40% pour les tranches de population les plus jeunes ; que les salaires des fonctionnaires venus de France continentale sont entre 40% et 108% supérieurs à ceux de la métropole, ce qui tire tous les prix vers le haut ; que des mesures de défiscalisations ahurissantes sur les investissements immobiliers (loi Pons de 2006) permettent une évasion fiscale légale au bénéfice de métropolitains fortunés et accentuent encore les contrastes sociaux, etc, etc…

La seule et véritable solution pour que « l’outre-mer » se sorte de ce néo-colonialisme, encore accentué par la perfusion financière de l’État français – 16,5 milliard d’euros pour 2009 –, consiste en la mise en place de statuts institutionnels avec de réels pouvoirs de décisions, en un mot : l’autonomie. Cela est vrai, par exemple pour la Guadeloupe et la Martinique car, pour ce qui est de la Kanaky ou de la Polynésie, leurs statuts actuels permettent aux populations de prendre, plus ou moins, leurs affaires en mains.

La dernière révision constitutionnelle concernant l’outre-mer est typiquement à la mode française : elle consiste en des demi-mesures formelles qui veulent donner l’impression qu’il est tenu compte de la diversité des « confettis de l’empire », mais, sur le fond, la tutelle parisienne est toujours aussi prégnante. Que chacun en juge, avec le texte suivant puisé à une source on peut plus officielle. (suite…)

LA KANAKY

800px-flag_of_new_caledoniasvgLa Kanaky – que le colonialisme français a affublé du nom de Nouvelle-Calédonie – a payé son statut particulier actuel au prix du sang des militants indépendantistes méthodiquement exécutés par la soldatesque aux ordres du Président de la République française François Mitterrand et de son Ministre de l’Outre-Mer Bernard Pons, lors de l’assaut de la Grotte d’Ouvéa, le 5 mai 1988. Malgré les dénégations éhontées du pouvoir politique parisien et de ses bras armés, il faut bien parler de massacre pour évoquer la mort de 19 kanak, deux militaires français perdant eux aussi la vie pour une bien sordide victoire. Ce bain de sang, à ajouter au passif de « l’oeuvre civilisatrice de la Patrie des Droits de l’Homme », avait tracé la voie, d’abord aux Accords de Matignon (26 juin 1988) puis à ceux de Nouméa (5 mai 1998 – comme un fait exprès, 10 ans après Ouvéa…), pour se concrétiser par l’adoption d’une Loi organique (19 mars 1999) qui fait aujourd’hui de la Kanaky une Collectivité d’Outre-Mer aux caractéristiques tout à fait particulières. (suite…)

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