3ÉME PRISE DE PAROLE, 7ÉMÉ SESSION

Ortzi prend la parole

ONU, New York le 1er mai 2008

Madame la Présidente, membres du Bureau de la 7ème session, ainsi que tous les représentants des peuples autochtones présents à cette assemblée, nous sommes très honorés de pouvoir prendre la parole au sein de l’Organisation des Nations Unies. Nous adressons nos respectueuses salutations aux peuples autochtones. Nous remercions chaleureusement Madame la Présidente de donner la parole au peuple euskaldun (peuple basque).

Je viens du nord du Pays basque (pays situé entre la France et l’Espagne). Je représente Ideia Zabaldu : une nouvelle dynamique de jeunes lancée au niveau de l’Etat français, qui défend le droit d’être Basque. (suite…)

AUTONOMIA ERAKUSKETA

Hitzordua hartua zela New Yorkeko Miren Itziar Albisu lehendakaria- rekin, iritsi gira, gu Iparraldeko bederatzi lagunak, arratsaldeko 5etan, Brooklynen kokatzen den Euskal Etxerat.
« Gu, Nazio Batuen Erakundean dagoen jatorriko herrier buruz da- goen batzarrean parte hartzera etorri gara New Yorkerat. Iparralde- ko herritarren delegazio bat osatzen dugu eta Iparraldeko Euskaldu- nen eskubideen aldarrikatzerat etorri gara.
Gu herritarrak gira eta hiru elkartetakoak gara (Autonomia Eraiki, Herri Topa eta Gazte Dinamika), gure artean gazteak, artista bat, irakasleak, empresariak, elkarte langileak, gizon emazteak. (suite…)

INTERVIEW D’AUDREY HOC

Êtes vous reçu par la communauté basque américaine, comment cela se passe-t-il ?
Samedi 26, nous avions rendez vous à l’Euskal Etxe de Brooklyn avec la présidente Miren Itziar Albisu pour une soirée expo et débat. Toz y a présenté ses oeuvres, nous avons réalisé une traduction simultanée trilingue, français, euskara et anglais.
Ensuite, on a présenté le pourquoi de notre présence à NY, le forum et les associations que nous représentions (Autonomia Eraiki, Herri Topa).
La soirée fut courte néanmoins intéressante et cela nous a  permis d’établir un premier contact avec la communauté basque de NY. Ce premier contact s’avère positif pour le futur.
Cette semaine, Toz expose à la librairie Bluestocking Bookstore, 172 Allen Street, East Lower Side. NYC. Hier, lundi 28, nous y avons présenté l’exposition ainsi que notre démarche à l’ONU.

Quel accueil avez vous reçu à l’ONU ?
Globalement plutôt bon, de la part des peuples l’accueil est plus que positif. Mais cette réaction avait déjà été observée l’année dernière lors d’une prise de contact sur le terrain.
De très bons contacts avec les Mapuches du Chili, les Touaregs d’Algérie, du Niger et du Mali, avec les Innus du Québec, les Kanaks, les Maoris ainsi que plusieurs groupes autochtones d’Equateur, ainsi qu’avec les communautés arméniennes d’Arménie Occidentale.

Quelles sont les autres délégations ?
Les délégations sont nombreuses, environ 500 personnes, tous les continents sont représentés sans exception, peuples autochtones de Sibérie, d’Asie du Sud Est, d’Océanie avec Guam et Samoa, Pyg- mées, Peuls, une grosse représentation latino américaine avec les Kitchwas et Aymaras, Lakota des Etats Unis et Dene du Canada…

Quels liens nouez vous avec elles ?
Les échanges sont nombreux et intensifs, conversations informelles , échanges de cartes de visite, promesses de rencontres, remise de documents, encouragements solidaires dans le travail à mener…

Avez-vous pu vous exprimer sur le Pays basque ?
Aujourd’hui, mardi 29, Xan Marguirault s’est exprimé au nom d’Au- tonomia Eraiki devant toute l’assemblée. Il était 28ème sur 61 dans la liste des orateurs du jour portant sur la thématique des Droits de L’Homme.
Trois minutes de parole, et pas une seconde plus, pour évoquer la situation du Pays bas- que nord. Le groupe a sollicité l’Instance Per- manente sur le fait que la France se devait de respecter les engagements internationaux dont elle s’est portée garante. Autonomia Eraiki a insisté sur le devoir d’appliquer les articles de la Déclaration des Droits des Peu- ples Autochtones, notamment celui assurant le droit à l’autodétermination des peuples. Autonomia Eraiki a souligné que la France a bel et bien adopté la dite Déclaration. Pour afficher l’intégralité du texte lu devant l’assemblée, cliquer ici.

Quelle est la raison principale de votre visite ?
Nous sommes là afin d’exiger la reconnaissance de nos droits en tant que Basques du nord. Nous demandons à être reconnus comme Basques, Peuple à part entière, autochtone, à l’intérieur du terri- toire français.
De fait, nous demandons à ce que cette assemblée de l’ONU veille à ce que la France respecte ses engagements internationaux, notam- ment ceux portant sur les Peuples Autochtones.
Dans ce sens, nous avons également demandé à l’Instance Per- manente la nomination d’un expert autochtone pour la zone «Euro- pe de l’Ouest» et avons proposé la candidature d’un expert basque.

Qu’attendez vous de l’ONU ?
L’ONU est un outil supplémentaire dans notre demande de recon- naissance, certes symbolique, mais qu’il ne faut pas négliger et mettre de côté. Il faut agir partout, localement, au niveau national, européen et international.
Concrètement, cette assemblée de l’ONU est un rendez vous à ne pas manquer afin de nouer des liens importants avec les autres peuples du monde entier. Ensemble, en unissant nos voix, nous obtiendrons la reconnaissance de nos droits.

 

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1ER DISCOUR À L’ONU, 7ÉME SESSION, TEXTE LU PAR XAN MARGUIRAULT

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Milesker Lehendakari agurgarria,

Egun on deneri ! Ohore handirekin hartzen dugu hitza jatorriko herrien asanblada horretan, gure eskubideen egoera aipatzeko zuen aintzinean.

(salutations en basque)

Merci Madame La Présidente.

Madame La Présidente, Membres du Bureau et représentants des délé gations des Peuples Autochtones ici présents, c’est un grand honneur pour nous, Basques, de nous trouver au coeur de cette institution. Un grand honneur d’être également parmi tant d’hommes et de femmes, membres de peuples en lutte, en résistance, désireux de vivre debout sur la terre de leurs ancêtres.

Voilà un peu plus de trente ans, des hommes et des fe mmes du pays basque nord, Pays basque sous administration française, prenaient les armes, pour résister à la politique d’ethnocide menée par l’Etat français.

HERRIAK BIZI BEHAR DU ! Le peuple doit vivre !

C’est autour de ce leit motiv que le combat a été mené.

Aujourd’hui, c’est sans arme ni cagoule, mais avec la même détermination, et porteur du

même message, que nous nous trouvons parmi vous.

La non officialisation de notre langue, l’euskara; le refus de toute reconnaissance institutionnelle du pays basque nord; le mépris et la violence institutionnelle de l’Etat français en guise de réponse à nos légitimes revendications, sont autant d’éléments qui nous amènent à prendre pour témoin, l’ensemble des acteurs sociaux réunis ici.

1/ Nous sommes ici, pour exiger de l’Etat français, qu’il respecte les engagements internationaux qu’il a signés et qu’il applique notamment le s droits énoncés dans la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones qu’il a adopté:

Nous faisons référence à ;

– au droit à l’autodétermination des peuples et donc le droit à l’autodétermination du peuple basque (Article 3).

· L’article 2 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme (ONU- décembre 1948).

· L’article 2 et 11 de la Convention internationale de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) ainsi que celle sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005).

2/ Nous sommes également ici, pour affirmer notre volonté de nous voir dotés d’un outil institutionnel, qui nous permette de gérer notre quotidien social, économique, écologique, culturel, et ce, dans la solidarité avec les peuples environnants. Cet outil institutionnel de type autonomique, outil d’émancipation, nous permettrait par ailleurs, de favoriser les liens naturels que l’Histoire à rendu compliqués avec nos frères et soeurs du pays basque sud, sous administration espagnole.

3/ Mais rappelons également que notre pays est depuis des décennies le théâtre d’importantes violences. Nous, Basques du nord, ne pouvons passer sous silence dans cette enceinte ONUsienne la persistance d’un conflit dur, aux conséquences dramatiques, au pays basque sud. Plus de sept cents prisonniers politiques, dispersés dans près de 90 prisons espagnoles ou françaises ainsi qu’une répression de plus en plus accrue à leur égard et l’utilisation de la torture dénoncée il y a encore peu par Amnesty International. Parallèlement, des loisd’exception illégalisent certains partis politiques et interdisent une certaine presse écrite et orale.

Nous interpellons la communauté internationale sur la situation touchant l’ensemble du Pays basque.

4/ Nous demandons donc, au Secrétariat général du Conseil Economique et Social de l’ONU, au Secrétariat de l’Instance permanente sur les questions autochtones, ainsi qu’au Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, de signaler à la France qu’elle se doit de respecter les engagements qu’elle a pris. Nous demandons donc à l’Instance Permanente qu’un expert autochtone soit nommé pour la zone « Europe de l’Ouest » et proposons la candidature d’un expert basque.

Merci Madame La Présidente, membres du Bureau et délégations des Peuples Autochtones ici présents. Nous vous remercions pour votre attention.

Milesker deneri, gora herrien arteko elkartasuna !

Vive la solidarité entre Peuples Autochtones!

LE POINT A MI-PARCOURS

Nous sommes à mi-parcours de cette 7ème session de l’Instance permanente de Nations Unies sur les Questions autochtones à New York. Gabi Mouesca ayant été empêché de participer à la délégation citoyenne (refus de visa non expli- qué à ce jour), depuis Bayonne il est quotidien- nement en contact avec nos compatriotes d’Iparralde (Pays basque nord). Pour le blog Autonomia, il fait le point.

Comment cela se passe t’il pour eux ?

Les membres de la délégation présente à l’ONU sont tous très fatigués. C’est un exercice très particulier que de se trouver au coeur d’une telle instance. Les assemblées et réunions se succè- dent à un rythme important. Des milliers de personnes provenant de tous les continents sont là qui espèrent tirer un profit maximum de leur déplacement sur New York. Les citoyen(ne)s composant la délégation d’Iparralde ne sont pas habitués à ce rythme, à ce type d’activité. Mais leur détermination est grande et ils sont bien conscients qu’ils leurs faut être actifs et réactifs.

Pas trop perdus au coeur d’une mégapole telle que New York ?

Il y a eu bien évidemment quelques gags, quelques exploits à mettre à l’actif de certains membres de la délégation qui ont appris à leur dépend que se déplacer à  New York n’est pas se déplacer dans la vallée de Baigorri ou au petit Bayonne… mais globalement, ils ont vite compris les codes de fonctionnement et les moeurs locaux. L’important dans un tel déplacement est de partir avec l’esprit d’ouverture, de découverte et d’acceptation de la différence. Tous les membres de cette délégation sont dotés de ces qualités-là. Ce qui  garantie une immersion facilitée dans un monde qui, il faut bien le reconnaître, est bien différent de ce que nous connaissons ici, en Euskal Herri.

Un premier bilan à mi-parcours ?

Il est, bien évidemment, impossible de tirer un quelconque bilan de cette opération en cours. Une chose est cependant certaine, c’est que la délégation s’est trouvée en un lieu où étaient réunis un nombre très important de peuples avec lesquels les basques ont des points communs très forts. Les questions de l’atteinte à l’identité et à la dépossession du bien commun (territoire) sont autant de réalités dramatiques que beaucoup de ceux qui sont présents lors de cette session partagent. Et puis, les membres de la délégation basque ont eu l’occasion de rencontrer beaucoup de personnes issues de mouvements qui militent pour la défense des droits des peuples. Ces rencontres sont la base d’un travail commun à venir. Il y a eu des volontés très fortes manifestées à ce niveau là. C’est extrêmement positif pour ce qui est de l’avenir.

Quelles ont été les participations de la délégation aux travaux menés lors de cette session de l’ONU, y a-t-il eu des prises de parole de leur part ?

Le fonctionnement de cette Instance est tout aussi rigide qu’il peut être souple. En fait, les temps d’intervention sont réglés comme du papier à musique… théoriquement. Mais certains intervenants semblent avoir une tendance lourde à oublier le temps qui passe dès lors qu’ils ont la parole et le micro en main. Ce qui est à l’évidence compréhensible lorsque l’on sait la charge dont certains intervenants sont les porteurs. Ils sont les porte-voix de peuples en péril, de peuples martyrs. La délégation basque devrait intervenir durant cette seconde partie de session.

Un travail particulier sera t-il effectué pour partager cette expé- rience au plus grand nombre dans les jours et semaines à venir ?

Rappelons que depuis le début de cette opération, un journaliste des radios basques, Jojo Bidart, rend compte quotidiennement sur les ondes de divers aspects de ces journées passées à l’ONU. Vous pouvez également trouver les fichiers audio de ces émissions sur le blog. Enfin, il y aura dans la presse locale un compte-rendu de cette opération dans les jours qui suivront leur retour de New York. Arrivée prévue le 3 mai.

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