AVEC RIGOBERTA MENCHU

Rigoberta Menchu et Gabi MouescaGabi Mouesca n’a pas pu participer aux travaux menés par la délé- gation citoyenne présente à New-York car les autorités américaines ne lui ont pas accordé le visa. Reste qu’il a rencontré Rigoberta Menchu, ce samedi 3 mai, à l’occasion de la venue de la Prix Nobel de la Paix à Mont de Marsan. Au programme de cette rencontre informelle, une chaleureuse discussion autour du théme des droits des peuples autochtones, bien entendu. La Fondation Rigoberta Menchu était présente lors de la 7ème ses sion sur les questions autochtones à l’ONU.

4ÉME PRISE DE PAROLE ONU, 7ÉME SESSION

Manu TorreMilesker Lehendakari andere agurgarria, egun on deneri !

Ohore handirekin hartzen dugu hitza jatorriko herrien asanblada horretan, gure eskubideen egoera aipatzeko zuen aintzinean.(salutations en basque)

Merci madame la Présidente.

Madame la Présidente, membres du Bureau et représentants des délégations des peuples autochtones ici présents, Euskal Herria notre terre, la terre des Basques, se situe en Europe de l’Ouest, de part et d’autre des Pyrénées, entre l’Espagne et la France. Territoire que les Basques occupent bien avant la création de ces deux Etats car cela fait plus de 20 000 ans que notre culture se développe sur la terre de nos ancêtres. Le peuple basque a lutté durant des siècles et continue de lutter aujourd’hui encore pour défendre son territoire, sa langue, sa culture.

Nous nous réjouissons des avancées des droits des peuples autochtones dans certains pays d’Amérique latine comme en Bolivie, et nous exprimons notre solidarité avec tous les peuples autochtones en lutte pour défendre leurs droits. Nous avons pu mesurer, durant ces journées, combien les politiques d’assimilation, de négation ou de répression des Etats se ressemblent de part le monde.

La partie du territoire basque, d’où nous venons, est sous tutelle de l’Etat français.

Cependant l’Etat français nie notre existence même en tant que peuple et nous refuse la plus petite reconnaissance institutionnelle ainsi que l’officialisation de notre langue.

Face à ce déni d’existence nous voulons rappeler que la France a signé plusieurs accords internationaux dont la déclaration des droits des peuples autochtones qui stipule, dans son article 3, que les peuples autochtones ont droit à l’autodétermination et dans son article 4 que ces peuples ont droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes.

D’autre part les articles 8 et suivants garantissent les droits des langues et cultures des peuples autochtones.

Comme à l’accoutumé, la France a beaucoup de mal à mettre en pratique les accords qu’elle signe et cache le problème en refusant de reconnaître les peuples autochtones sur son territoire, et continue dans sa politique discriminatoire : cette semaine, elle vient de bloquer les comptes en banques d’une maison d’édition de livres en langue basque ainsi que ceux d’une télévision d’expression basque.

C’est pour cela, madame la Présidente, que nous demandons au Secrétariat du Conseil Economique et Social de l’ONU et à l’Instance Permanente sur les Questions Autochtones :

1/ De faire appliquer par la France les accords internationaux qu’elle a déjà signé dont la Déclaration des droits des peuples autochtones.

2/ De nommer un expert autochtone pour la zone « Europe de l’Ouest »

Merci madame la Présidente ainsi que les membres du Bureau et délégations des peuples autochtones ici présents.

Milesker deneri, gora herrien arteko elkartasuna !

Vive la solidarité entre les peuples a utochtones.

3ÉME PRISE DE PAROLE, 7ÉMÉ SESSION

Ortzi prend la parole

ONU, New York le 1er mai 2008

Madame la Présidente, membres du Bureau de la 7ème session, ainsi que tous les représentants des peuples autochtones présents à cette assemblée, nous sommes très honorés de pouvoir prendre la parole au sein de l’Organisation des Nations Unies. Nous adressons nos respectueuses salutations aux peuples autochtones. Nous remercions chaleureusement Madame la Présidente de donner la parole au peuple euskaldun (peuple basque).

Je viens du nord du Pays basque (pays situé entre la France et l’Espagne). Je représente Ideia Zabaldu : une nouvelle dynamique de jeunes lancée au niveau de l’Etat français, qui défend le droit d’être Basque. (suite…)

AUTONOMIA ERAKUSKETA

Hitzordua hartua zela New Yorkeko Miren Itziar Albisu lehendakaria- rekin, iritsi gira, gu Iparraldeko bederatzi lagunak, arratsaldeko 5etan, Brooklynen kokatzen den Euskal Etxerat.
« Gu, Nazio Batuen Erakundean dagoen jatorriko herrier buruz da- goen batzarrean parte hartzera etorri gara New Yorkerat. Iparralde- ko herritarren delegazio bat osatzen dugu eta Iparraldeko Euskaldu- nen eskubideen aldarrikatzerat etorri gara.
Gu herritarrak gira eta hiru elkartetakoak gara (Autonomia Eraiki, Herri Topa eta Gazte Dinamika), gure artean gazteak, artista bat, irakasleak, empresariak, elkarte langileak, gizon emazteak. (suite…)

INTERVIEW D’AUDREY HOC

Êtes vous reçu par la communauté basque américaine, comment cela se passe-t-il ?
Samedi 26, nous avions rendez vous à l’Euskal Etxe de Brooklyn avec la présidente Miren Itziar Albisu pour une soirée expo et débat. Toz y a présenté ses oeuvres, nous avons réalisé une traduction simultanée trilingue, français, euskara et anglais.
Ensuite, on a présenté le pourquoi de notre présence à NY, le forum et les associations que nous représentions (Autonomia Eraiki, Herri Topa).
La soirée fut courte néanmoins intéressante et cela nous a  permis d’établir un premier contact avec la communauté basque de NY. Ce premier contact s’avère positif pour le futur.
Cette semaine, Toz expose à la librairie Bluestocking Bookstore, 172 Allen Street, East Lower Side. NYC. Hier, lundi 28, nous y avons présenté l’exposition ainsi que notre démarche à l’ONU.

Quel accueil avez vous reçu à l’ONU ?
Globalement plutôt bon, de la part des peuples l’accueil est plus que positif. Mais cette réaction avait déjà été observée l’année dernière lors d’une prise de contact sur le terrain.
De très bons contacts avec les Mapuches du Chili, les Touaregs d’Algérie, du Niger et du Mali, avec les Innus du Québec, les Kanaks, les Maoris ainsi que plusieurs groupes autochtones d’Equateur, ainsi qu’avec les communautés arméniennes d’Arménie Occidentale.

Quelles sont les autres délégations ?
Les délégations sont nombreuses, environ 500 personnes, tous les continents sont représentés sans exception, peuples autochtones de Sibérie, d’Asie du Sud Est, d’Océanie avec Guam et Samoa, Pyg- mées, Peuls, une grosse représentation latino américaine avec les Kitchwas et Aymaras, Lakota des Etats Unis et Dene du Canada…

Quels liens nouez vous avec elles ?
Les échanges sont nombreux et intensifs, conversations informelles , échanges de cartes de visite, promesses de rencontres, remise de documents, encouragements solidaires dans le travail à mener…

Avez-vous pu vous exprimer sur le Pays basque ?
Aujourd’hui, mardi 29, Xan Marguirault s’est exprimé au nom d’Au- tonomia Eraiki devant toute l’assemblée. Il était 28ème sur 61 dans la liste des orateurs du jour portant sur la thématique des Droits de L’Homme.
Trois minutes de parole, et pas une seconde plus, pour évoquer la situation du Pays bas- que nord. Le groupe a sollicité l’Instance Per- manente sur le fait que la France se devait de respecter les engagements internationaux dont elle s’est portée garante. Autonomia Eraiki a insisté sur le devoir d’appliquer les articles de la Déclaration des Droits des Peu- ples Autochtones, notamment celui assurant le droit à l’autodétermination des peuples. Autonomia Eraiki a souligné que la France a bel et bien adopté la dite Déclaration. Pour afficher l’intégralité du texte lu devant l’assemblée, cliquer ici.

Quelle est la raison principale de votre visite ?
Nous sommes là afin d’exiger la reconnaissance de nos droits en tant que Basques du nord. Nous demandons à être reconnus comme Basques, Peuple à part entière, autochtone, à l’intérieur du terri- toire français.
De fait, nous demandons à ce que cette assemblée de l’ONU veille à ce que la France respecte ses engagements internationaux, notam- ment ceux portant sur les Peuples Autochtones.
Dans ce sens, nous avons également demandé à l’Instance Per- manente la nomination d’un expert autochtone pour la zone «Euro- pe de l’Ouest» et avons proposé la candidature d’un expert basque.

Qu’attendez vous de l’ONU ?
L’ONU est un outil supplémentaire dans notre demande de recon- naissance, certes symbolique, mais qu’il ne faut pas négliger et mettre de côté. Il faut agir partout, localement, au niveau national, européen et international.
Concrètement, cette assemblée de l’ONU est un rendez vous à ne pas manquer afin de nouer des liens importants avec les autres peuples du monde entier. Ensemble, en unissant nos voix, nous obtiendrons la reconnaissance de nos droits.