1ER DISCOUR À L’ONU, 7ÉME SESSION, TEXTE LU PAR XAN MARGUIRAULT

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Milesker Lehendakari agurgarria,

Egun on deneri ! Ohore handirekin hartzen dugu hitza jatorriko herrien asanblada horretan, gure eskubideen egoera aipatzeko zuen aintzinean.

(salutations en basque)

Merci Madame La Présidente.

Madame La Présidente, Membres du Bureau et représentants des délé gations des Peuples Autochtones ici présents, c’est un grand honneur pour nous, Basques, de nous trouver au coeur de cette institution. Un grand honneur d’être également parmi tant d’hommes et de femmes, membres de peuples en lutte, en résistance, désireux de vivre debout sur la terre de leurs ancêtres.

Voilà un peu plus de trente ans, des hommes et des fe mmes du pays basque nord, Pays basque sous administration française, prenaient les armes, pour résister à la politique d’ethnocide menée par l’Etat français.

HERRIAK BIZI BEHAR DU ! Le peuple doit vivre !

C’est autour de ce leit motiv que le combat a été mené.

Aujourd’hui, c’est sans arme ni cagoule, mais avec la même détermination, et porteur du

même message, que nous nous trouvons parmi vous.

La non officialisation de notre langue, l’euskara; le refus de toute reconnaissance institutionnelle du pays basque nord; le mépris et la violence institutionnelle de l’Etat français en guise de réponse à nos légitimes revendications, sont autant d’éléments qui nous amènent à prendre pour témoin, l’ensemble des acteurs sociaux réunis ici.

1/ Nous sommes ici, pour exiger de l’Etat français, qu’il respecte les engagements internationaux qu’il a signés et qu’il applique notamment le s droits énoncés dans la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones qu’il a adopté:

Nous faisons référence à ;

– au droit à l’autodétermination des peuples et donc le droit à l’autodétermination du peuple basque (Article 3).

· L’article 2 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme (ONU- décembre 1948).

· L’article 2 et 11 de la Convention internationale de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) ainsi que celle sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005).

2/ Nous sommes également ici, pour affirmer notre volonté de nous voir dotés d’un outil institutionnel, qui nous permette de gérer notre quotidien social, économique, écologique, culturel, et ce, dans la solidarité avec les peuples environnants. Cet outil institutionnel de type autonomique, outil d’émancipation, nous permettrait par ailleurs, de favoriser les liens naturels que l’Histoire à rendu compliqués avec nos frères et soeurs du pays basque sud, sous administration espagnole.

3/ Mais rappelons également que notre pays est depuis des décennies le théâtre d’importantes violences. Nous, Basques du nord, ne pouvons passer sous silence dans cette enceinte ONUsienne la persistance d’un conflit dur, aux conséquences dramatiques, au pays basque sud. Plus de sept cents prisonniers politiques, dispersés dans près de 90 prisons espagnoles ou françaises ainsi qu’une répression de plus en plus accrue à leur égard et l’utilisation de la torture dénoncée il y a encore peu par Amnesty International. Parallèlement, des loisd’exception illégalisent certains partis politiques et interdisent une certaine presse écrite et orale.

Nous interpellons la communauté internationale sur la situation touchant l’ensemble du Pays basque.

4/ Nous demandons donc, au Secrétariat général du Conseil Economique et Social de l’ONU, au Secrétariat de l’Instance permanente sur les questions autochtones, ainsi qu’au Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, de signaler à la France qu’elle se doit de respecter les engagements qu’elle a pris. Nous demandons donc à l’Instance Permanente qu’un expert autochtone soit nommé pour la zone « Europe de l’Ouest » et proposons la candidature d’un expert basque.

Merci Madame La Présidente, membres du Bureau et délégations des Peuples Autochtones ici présents. Nous vous remercions pour votre attention.

Milesker deneri, gora herrien arteko elkartasuna !

Vive la solidarité entre Peuples Autochtones!

LE POINT A MI-PARCOURS

Nous sommes à mi-parcours de cette 7ème session de l’Instance permanente de Nations Unies sur les Questions autochtones à New York. Gabi Mouesca ayant été empêché de participer à la délégation citoyenne (refus de visa non expli- qué à ce jour), depuis Bayonne il est quotidien- nement en contact avec nos compatriotes d’Iparralde (Pays basque nord). Pour le blog Autonomia, il fait le point.

Comment cela se passe t’il pour eux ?

Les membres de la délégation présente à l’ONU sont tous très fatigués. C’est un exercice très particulier que de se trouver au coeur d’une telle instance. Les assemblées et réunions se succè- dent à un rythme important. Des milliers de personnes provenant de tous les continents sont là qui espèrent tirer un profit maximum de leur déplacement sur New York. Les citoyen(ne)s composant la délégation d’Iparralde ne sont pas habitués à ce rythme, à ce type d’activité. Mais leur détermination est grande et ils sont bien conscients qu’ils leurs faut être actifs et réactifs.

Pas trop perdus au coeur d’une mégapole telle que New York ?

Il y a eu bien évidemment quelques gags, quelques exploits à mettre à l’actif de certains membres de la délégation qui ont appris à leur dépend que se déplacer à  New York n’est pas se déplacer dans la vallée de Baigorri ou au petit Bayonne… mais globalement, ils ont vite compris les codes de fonctionnement et les moeurs locaux. L’important dans un tel déplacement est de partir avec l’esprit d’ouverture, de découverte et d’acceptation de la différence. Tous les membres de cette délégation sont dotés de ces qualités-là. Ce qui  garantie une immersion facilitée dans un monde qui, il faut bien le reconnaître, est bien différent de ce que nous connaissons ici, en Euskal Herri.

Un premier bilan à mi-parcours ?

Il est, bien évidemment, impossible de tirer un quelconque bilan de cette opération en cours. Une chose est cependant certaine, c’est que la délégation s’est trouvée en un lieu où étaient réunis un nombre très important de peuples avec lesquels les basques ont des points communs très forts. Les questions de l’atteinte à l’identité et à la dépossession du bien commun (territoire) sont autant de réalités dramatiques que beaucoup de ceux qui sont présents lors de cette session partagent. Et puis, les membres de la délégation basque ont eu l’occasion de rencontrer beaucoup de personnes issues de mouvements qui militent pour la défense des droits des peuples. Ces rencontres sont la base d’un travail commun à venir. Il y a eu des volontés très fortes manifestées à ce niveau là. C’est extrêmement positif pour ce qui est de l’avenir.

Quelles ont été les participations de la délégation aux travaux menés lors de cette session de l’ONU, y a-t-il eu des prises de parole de leur part ?

Le fonctionnement de cette Instance est tout aussi rigide qu’il peut être souple. En fait, les temps d’intervention sont réglés comme du papier à musique… théoriquement. Mais certains intervenants semblent avoir une tendance lourde à oublier le temps qui passe dès lors qu’ils ont la parole et le micro en main. Ce qui est à l’évidence compréhensible lorsque l’on sait la charge dont certains intervenants sont les porteurs. Ils sont les porte-voix de peuples en péril, de peuples martyrs. La délégation basque devrait intervenir durant cette seconde partie de session.

Un travail particulier sera t-il effectué pour partager cette expé- rience au plus grand nombre dans les jours et semaines à venir ?

Rappelons que depuis le début de cette opération, un journaliste des radios basques, Jojo Bidart, rend compte quotidiennement sur les ondes de divers aspects de ces journées passées à l’ONU. Vous pouvez également trouver les fichiers audio de ces émissions sur le blog. Enfin, il y aura dans la presse locale un compte-rendu de cette opération dans les jours qui suivront leur retour de New York. Arrivée prévue le 3 mai.

AFRIQUE, POYNÉSIE, PÉROU …

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La deuxième semaine de cette 7ème session de l’UNPFII débute par des pri- ses de parole de délégués africains, po- lynésiens, guatémaltèques, péruviens. Nos compatriotes n’ont pas encore pu s’exprimer à la tribune faute de temps (le nombre d’inscrits étant vraiment très important) mais gageons qu’ils réussi- ront à porter la voix de notre peuple autochtone basque dans les jours qui viennent. Nous publions le reportage audio du jour de notre envoyé spécial, Jojo Bidart.

[audio:neti.mp3]

LES PEUPLES DOIVENT VIVRE

Un message unanime pour les représentants de peuples autochto- nes à cette 7ème session onusienne de l’UNPFII :

Myriam Sanchez

Nicolas Chango

Fred Djiskelni

Alexandra Grigorieva

2/ AVEC ISABEL ORTEGA

[audio:604466871.mp3]

Aujourd’hui, de nos envoyés spéciaux à la 7ème session de l’UNPFII, un nouveau reportage audio en basque : une belle rencontre avec Isabel Ortega Ventura, sénatrice bolivienne et présidente du Parlement Indigène d’Amérique…