ASKI !

éditorial d’Ekaitza n° 1114

La convocation qu’a reçue Filipe Bi- dart de la part du juge d’application des peines « compétent en matière de terrorisme », en vue d’une éventuelle modification des obligations de sa mesure de libération conditionnelle, est une inacceptable provocation. L’instrumentalisation par le pouvoir politique de l’appareil judiciaire – et plus particulièrement de sa fameuse section dite antiterroriste – en cette période pré-électorale est grossière et ne leurre personne.

Filipe qui, rappelons-le, a effectué 19 longues années de prison, se voit aujourd’hui -et pour encore longtemps – imposé une interdiction de vivre au pays basque, mais également est soumis à la nécessité de payer aux Fonds de garantie des victimes du terrorisme une faramineuse somme d’argent, n’en a donc pas terminé. C’est aujourd’hui à sa liberté d’expression, à sa liberté de manifester, à sa liberté de simple solidarité que Paris s’attaque. Nous disons que cela suffit !

L’acharnement répressif dont fait l’objet Filipe nous est insup- portable. Il nous faut le dire clairement. Nous attendons de la part de tous ceux qui sont attachés aux droits fondamentaux de la personne humaine une réaction à la hauteur de l’agression subit par Filipe. L’accumulation des mesures répressives touchant – au gré du calendrier électoral- Filipe et autres militant(e)s ne doit pas rentrer dans une normalité de traitement passée sous silence, passivement acceptée. Ne nous rendons pas complices par notre silence ou notre prudente neutralité de manoeuvres liberticides. Car demain, nous serons tous de potentielles victimes de pareils traitements.

Mais il sera trop tard. C’est aujourd’hui qu’il nous faut réagir et agir. Les « précédents » en matière de politique répressive sont toujours l’annonce de lendemains difficiles pour des populations toujours plus nombreuses, ne l’oublions jamais !

EKAITZA

INSULTE ET DIFFAMATION

[article d’opinion publié par Txomin Peillen dans le JPB]

Nous avons appris que, à Pau, pour la première fois dans no- tre histoire un chef d’Etat fran- çais a exprimé dans les mêmes termes que le dictateur Franco sa haine des Basques. À l’abri de son immunité. Il nous a dif- famés et insultés, nous accu- sant de barbarie et de racisme pour la raison que nous vou- lons défendre notre identité. Que pensent de ces propos inqualifiables les Basques qui ont en majorité voté pour lui ?

Voyons pour le racisme : il se présente sous deux formes ou la destruction des corps par le génocide (Allemagne nazie, Rwanda, Russie soviétique, Pol Pot cambodgien et les guerres ethniques africaines) soit par la destruction des esprits, des langues et des cultures ou ethnocide que la royauté et surtout quatre républiques françaises ont pratiqué dans les territoires conquis d’Alsace, Catalogne, Flandres et Pays Basque. (suite…)

PRESIDENT MILESKER? ETA IKUS ARTE !

Président, la démocratie m’autorise à vous interpeller directement…

C’est au sujet de votre intervention à la gendarmerie de Pau, le 22 janvier dernier…

Vous avez dit : « Considérer que les personnes qui ne sont pas basques sont de catégorie inférieure et n’ont pas le droit de vivre au Pays basque, c’est du racisme… » entre autres affirmations…

Je suis entièrement d’accord avec vous… sauf vot’ respect, vous paraissez complètement à coté de de la plaque, et comme diraient les potes dans les banlieues des grandes villes : « plus à coté de la plaque… tu meurs ! ». Bien sûr, ce n’est qu’une expression très populaire française, pas une menace… hé ! hé !

Président, je vous suggère de prendre du temps pour étudier un petit peu la culture basque… ça vous évitera de déraper dans la gadouille, et de passer pour un ignare aux yeux des peuples béarnais et basque ! Mais surtout, vous découvrirez que dans cette culture spécifique reconnue scientifiquement comme d’origine multimillénaire… tous les Basques sont nobles… (suite…)

D.MITTERRAND AUTONOMISTE

«Oui, je suis Bourguignonne… et j’irais même jusqu’à revendiquer l’autonomie de ma terre familiale dans l’Europe des peuples dont nous avons rêvé pendant la Résistance.»

Oui, oui , c’est bien ce que vous pourrez lire p.13 du dernier livre de… Danielle Mitterrand. C’est donc avec grande curiosité et surtout après ces premières lignes très aguicheuses, que je me suis lancée dans la lecture de ce petit pavé (certes écrit gros) de 500 pages.

La lecture est aisée, le style est dynamique et on se plonge assez facilement dans les récits de son enfance et de ses origines : «je sors d’un nid de socialistes bien rouges du côté de ma grand-mère paternelle. De la même terre que les ceps de vigne de mes ancêtres, je revendique l’exception culturelle» (p.21). (suite…)