IPARRETARRAK, UNE HISTOIRE HUMAINE ET POLITIQUE

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J’ai accepté d’apporter mon témoignage dans le livre d’Eneko Bidegain consacré au parcours de l’organisation politique abertzale Iparretarrak et de ses militants. Pas plus que pour les autres compagnons de cette lutte aux répercutions individuelles et collectives majeures, il ne s’est agi d’une démarche nombriliste, d’une volonté de se mettre en avant. Notre décision découle tout simplement de la conscience que des jalons d’une histoire humaine et politique se doivent d’être portés à la connaissance des généra- tions présentes et futures. Car Iparretarrak est une histoire humaine et politique avec ses exaltations et ses dé- convenues, ses succès et ses échecs, ses satisfactions et ses drames. Iparretarrak est la rencontre de femmes et d’hommes qui, à différentes périodes, ont eu la cons- cience que pour le pays qui est le leur, pour le peuple dont ils sont partie intégrante, il était devenu impératif de dire à la fois oui et non. Oui à un pays qui a droit à la vie, à la récupération et à l’exercice de ses droits inaliénables, à la conduite de ses affaires, à la prise en main de son présent, à la maîtrise de son devenir. Herriak bizi behar du ! Tout est dit dans ce qui est ô combien plus qu’un simple slogan. Mais pour proclamer le oui, il n’y avait malheureusement pas d’autre choix que de dire non. Non au sort qu’un État-nation façonné à force de violence et de «roublerie» réservait à notre terre, à ses habitants, à tout ce qui fait qu’un pays est réellement une entité vivante : son identité, sa culture, son organisation sociale, ses moyens d’existence et de développement. Un sombre dessein auquel adhérait, par conviction ou par calcul politique de bas étage, un personnel politique local chez lequel la médiocrité n’avait d’égale que la veulerie. Iparretarrak n’a jamais conçu de dire non sans proclamer dans le même temps oui. C’est là toute la différence entre l’activisme purement et simplement réactionnel et le travail politique conscient et réfléchi. Les militants de ce que personnellement je définis comme une organisation politique – et non comme une organisation politico-armée comme dans le titre du livre d’Eneko Bidegain – ont la pleine conscience, dès leur engagement dans cette forme de lutte, que la violence ne saurait être qu’un moyen de faire évoluer une situation et jamais au grand jamais une fin en soi. (suite…)

LA MEMOIRE DES LUTTES

éditorial d’Ekaitza n° 1105

C’était il y a quelques semaines. Lors d’un rassemblement en faveur des preso, un groupe de jeunes abertzale chante à tue-tête Arrantzale, la chan- son bien connue de Guk, chanson faite en hommage à Didier Laffitte, militant d’Iparretarrak tué par la police française le 1er mars 1984 à Bayonne. A la demande faite par une personne aux tempes blanches à l’un de ces jeunes, s’il savait ce qu’il chantait, la réponse fut que non, que le nom de Didier Lafitte ne lui disait rien. Stupé- faction, puis questionnement. Mais qu’avons-nous fait ou pas fait pour que l’histoire récente de notre pays ne soit pas connue des plus jeunes, des plus sensibilisés, des plus conscientisés ? Pourquoi ce trou de mémoire ? Comment construire un présent et un futur sans une juste connaissance d’un passé, récent qui plus est ? L’ouvrage que vient d’écrire Eneko Bidegain, Iparretarrak, erakunde politiko armatu baten historia, arrive au bon moment. Il permettra que nous puissions nous remettre en mémoire un pan de notre histoire. Il permettra cette nécessaire réappropriation de la connaissance de faits qui ont contribué à façonner notre présent. Car Iparretarrak a participé de façon majeure – nul ne le conteste – à l’écriture de l’histoire d’Iparralde. S’imprégner de cette histoire, connaître les motivations, les valeurs, les objectifs de celles et ceux qui au nom de l’idéal abertzale ont pris les armes et ont incarné la forme de résistance la plus radicale face au pouvoir dominant et oppresseur, est absolument nécessaire pour poursuivre la tâche. Pour continuer à oeuvrer de façon responsable en faveur de cet idéal de liberté et de justice qu’est l’idéal abertzale.
Nulle trace de nostalgie ou de rancoeurs dans cet ouvrage. Il est le témoin de l’humilité et de la détermination qui ont été nécessaires pour tracer un sillon… un sillon à poursuivre. C’est ce à quoi la lecture de ce livre nous invite.

EKAITZA

L’AUTONOMIE DANS LA RUE

Une manifestation revendiquant l’autono- mie en Iparralde est organisée le samedi 15 décembre à Bayonne. Fantxoa Fleury, d’Autonomia eraiki, nous explique ses mo- tivations pour descendre dans la rue :

Pourquoi une autonomie pour Iparralde ?

C’est une évidence de rappeler qu’aujour- d’hui Iparralde (le Pays basque nord) n’a guère de moyens de gérer son territoire, en un mot qu’Iparralde n’a aucune existence. Revendiquer l’autonomie est donc tout simplement l’exercice du droit fondamental de tout peuple à disposer de lui-même, droit qu’en France on aime bien rap- peler pour les autres, mais qu’on se garde bien d’appliquer pour tous les peuples sous domination française. L’autonomie est un ca- dre institutionnel, vague certes, mais minimal pour pouvoir com- mencer à exercer ce droit. Ainsi la revendication d’un département, qui a longtemps occupé le devant de la scène, n’apporte qu’une reconnaissance territoriale symbolique, mais n’offre aucun moyen d’une gestion autonome, puisque justement le département a été conçu pour être le relais de l’état centraliste. Mais bien sûr revendiquer un statut d’autonomie n’est pas suffisant, il suffit de voir en Hegoalde comment le gouvernement d’Euskadi dans le domaine économique ou au niveau de la répression politique n’est pas bien autonome du gouvernement de Madrid. Il faut donc que cette revendication d’autonomie s’appuie aussi sur un projet de société. (suite…)

POURQUOI NOUS DECHIRER ?

Le pouvoir étatique oppresse, réprime, harcèle… viole nos droits les plus élémentaires au nom des lois anti-terroristes qu’il a inventées tout en con- tribuant à entretenir l’esprit « terroriste » qu’il a fait naître pour s’en repaître et se maintenir au pouvoir.

Aujourd’hui tout devient glauque et s’accélère…

Personne n’est à l’abri !

Nous perdons du temps à re-fléchir sur qui à tort ou raison… pour Con-Vaincre ceux qui nous ont déjà lâchés … et qui nous lâcheront encore dès que les dominants lâcheront la moindre piécette dans l’arène !

Le département ? L’autonomie ?  L’indépendance..??

Jean Michel Galant a raison : ce sont des mots… rien que des « maux » qui ne nous amènent finalement nulle part ailleurs qu’à nous diviser encore plus… lorsque fondamentalement nous avons TOUT à gagner en nous organisant à un niveau supérieur… lâchant nos orgueils blessés… nos points de vue dépassés…  nos règlements de compte périmés… nos analyses politico intellectuelles neuro- limbiques qui n’aboutissent jamais ailleurs que sur un air de violon romantique rayé…  qui dès qu’il cesse cède la place à une guerre des tripes sanguinolante qui intéresse de moins en moins… sauf à faire croire à certains qu’ils sont encore en vie, alors qu’on est en train de crever TOUS !

Au delà de ce qu’en pensent Batasuna, AB, Batera, Autonomia eraiki,  etc…  et avant de mourir tout à fait… il nous reste encore le libre arbitre comme essence de la dignité humaine.

J’irai  à la manif en faveur de l’AUTONOMIE le 15 décembre !… Et je dis aux tenants du pouvoir noir qu’ils peuvent bien  nous kidnapper, emprisonner, violer, torturer… qu’ils peuvent nous réduire à l’état de moribonds, d’exilés, de sdf, de terroristes, collabos, esclaves, prostitués, lobotomisés… et que même s’ils veulent nous assas- siner jusqu’au dernier…  ils ne nous empêcheront jamais d’être et de demeurer, jusqu’au bout, le miroir vivant du génocide furieux, vicieux et atrocement déshumanisé qu’ils sont en train de com- mettre volontairement  et délibérément en Euskal Herria et sur toute la planète… au nom du « profric » ! Et lorsqu’ils se seront accaparés, auront pillé et gaspillé toutes nos richesses… ce génocide restera leur seul héritage et il leur servira de linceul… car, à moins d’agir pour délier le karma…  ils ne pourront jamais échapper à l’effet miroir, encore moins à sa mémoire !

Alors plutôt que re-agir…  j’irai à la manif du 15 décembre pour AGIR.

Une Abertzale

L’AUTONOMIE C’EST TENDANCE

La Charte européenne de l’autonomie locale a été ratifiée par la France le 17 janvier dernier.

Koldo Gorostiaga, ancien député euro- péen de Batasuna a fait part des der- nières tendances au niveau européen, où les différentes instances sont en train de dessiner le nouveau visage qu’aura le vieux continent…

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