CONSTRUIRE L’AUTONOMIE: POUR QUE LE PAYS BASQUE PUISSSE CHOISIR, AGIR, EXISTER

d4cabf3c68b900871b0fc23d9a96b703Autonomia eraiki… Le mouvement politique dont la création a été formalisée par l’Assemblée générale du 23 juin 2007, et qui elle-même faisait suite à la conférence de presse du 7 avril précédent, a clairement posé les termes d’une ambition : construire l’autonomie. Le seul fait que le mot autonomie soit énoncé est en soi une évolution heureuse, tant il pouvait sembler que le mouve- ment abertzale en Pays basque nord oscillait à ce propos entre deux extrêmes. En caricaturant un peu le tableau, l’autonomie, en tant que concept in- stitutionnel, était trop pour certains, pas assez pour d’autres. Trop pour les tenants d’une politique des petits pas, pas assez pour les doctrinaires de la revendication indépendantiste. (suite…)

REFLEXION SUR L’AUTONOMIE, STATUT INSTITUTIONNEL POUR IPARRALDE

bb69b8ace77d8281cb6993690fb70d35La revendication institutionnelle en Iparralde ne date pas d’aujourd’hui. Déjà, au lendemain de la Révolution française de 1789, les frères Garat exprimaient leur désir de créer un département séparé du Béarn, département qui reconnaîtrait le territoire d’Euskal Herria. En 1947, le député Jean Etcheverry-Ainchart dépose à l’Assemblée constituante un projet d’autonomie pour Iparral- de qui sera rejeté. Puis, cette demande de recon- naissance institutionnelle est portée, avec plus ou moins d’écho, par différents mouvements (Enbata, EHAS, Herri Talde, Association pour un département basque, etc.) Jusqu’aux années 80, lorsque l’organisation Iparretarrak expose dans Ildo[1] le « Autonomia lehen urratsa askatasunaren bidean[2] » en cinq points. En 1993, ce projet sera développé dans un bulletin intitulé « 20 ans de lutte, autono- mie et avant-projet », document qui demeure une référence en la matière, comme l’ont démontré la prise de position du parti pol- itique Batasuna en faveur d’un statut d’autonomie pour Iparralde en janvier 2007 ou encore l’intervention de l’universitaire Jean-Pierre Massias lors du dernier Aberri Eguna. (suite…)

LA VIDEO DU 21 JUIN

Hommage à Maddi Héguy

Ce soir du 21 juin, alors que sur toutes les places publiques étaient célébrée dans la joie et en musique l’arrivée de la belle saison, nous étions près d’une centaine à avoir choisi de ne pas oublier cette soirée tragique, il y a 20 ans.

Maddi, ez zaitugu sekulan ahanztuko !

RAPPEL DES FAITS

Nous sommes dans la nuit du 5 au 6 juillet 1987, cela fait exacte- ment deux semaines que Maddi est morte ; le mouvement abertzale (patriotique basque) en deuil continue le combat comme l’aurait voulu la jeune militante. Il est 0 h 30 lorsque Ttittof Istèque, aber- tzale de Baigorri, âgé de vingt-sept ans, trouve la mort, déchiqueté par l’engin explosif qu’il transporte et qu’il s’apprête à déposer de- vant la perception d’Anglet. La déflagration, d’une violence inouïe, creuse un cratère à l’endroit où elle se produit. Un autre militant, Patrick Lembeye, est grièvement blessé lors de cet accident. Il reçoit les premiers soins sur place mais ce n’est qu’une demi-heure plus tard qu’il est conduit à l’hôpital par le SAMU, non sans avoir dû subir la curiosité morbide d’individus attirés par le bruit de l’explo- sion et qui, pour certains d’entre eux, se permettent d’insulter le blessé, tout en commentant l’événement avec la police. Dans la même nuit, deux autres explosions ont lieu. A Iholdy, le Trésor pu- blic et la mairie sont endommagés. A Cambo, une demi-heure après Iholdi, une charge explosive secoue les locaux de la perception, causant de sérieux dégâts au rez-de-chaussée du bâtiment. Ces actions sont revendiquées quelques heures plus tard par un communiqué de l’organisation Iparretarrak qui rend hommage à ses militant(e)s tombé(e)s dans le cadre de leur engagement :«[…] Lors de l’opération contre le bâtiment du Trésor public d’Angelu, notre camarade de lutte Christophe Istèque a été tué. Deux semaines après la mort provoquée de Maddi, Ipar Euskadi (le Pays basque nord) subit à nouveau un coup terrible. Nous, militant(e)s d’Iparretarrak, ressentons intensément toute la douleur provoquée par la disparition tragique de Christophe. Nous tenons aujourd’hui à saluer la mémoire de notre militant et à rendre hommage à son abnégation totale au service de la lutte pour que vive notre pays et notre peuple. »

EKAITZA