DUELA OGOI URTE

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Betti Bidart-en har hitza

Duela 20 urte justu, desagertzen zela Maddi, gure borroka laguna.

Hemen gira beraz Maddi omentzeko eta gure herriaren  historia ur- bila, zorigaitzez markatua izan dela oroitarazteko.

Hemen gira ere, erraiteko goraki, Maddi baita ere Txomin eta Ramuntxo, Didier, Ttittof, Popo juztiziaz eta bakez egarri den gaztetasun etsenplu gisa beti eta betiko daudela gure baitan .

Larrogoi urteak,gure arteko ainitzentzat sufrikario urteak izan dira, alta,  garai latz horien  ondotik borrokak segitu du.

Sail esberdineko borrokari esker eta borrokarako izan den engaia- menduari esker aitzinamenduak egin izan dira iparraldean

Ez gira alta salbatiak  eta Iparraldea egoera kezkagarrian segitzen du, eta  bere herri nortasuna izaiteko gaiak galtzen ditu.

Duela urteak bezala,haserrearen egiazko arrazoinak hor diraute oraindik

Hortarako iparraldeak bizi duen den egoera  onart ezina ikusten duten guziak borrokan engaiatzera deitzen ditugu. Ahal duten aha- lekin bainan  kemen  handiarekin. Eta hori gutti batzuek, Maddiren gisa, dena eman behar ez dezaten

Gora Maddi !

Gora Euskal Herria !

VINGT ANS APRES, Prise de parole de Gabi Mouesca

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Prise de parole de Gabi Mouesca

Voilà vingt ans jour pour jour que Maddi , notre soeur de lutte, dis- paraissait tragiquement.

Nous sommes ici pour lui rendre hommage, pour rappeler que l’histoire récente de notre pays a été marquée à plusieurs reprises du sceau de la tragédie.

Nous sommes aussi réunis pour affirmer haut et fort que Maddi, mais également Txomin, Ramuntxo, Didier, Ttittof, Popo, sont encore et toujours présents dans notre esprit comme des exemples d’une jeunesse assoiffée de Justice et de Paix.

Depuis ces années de plomb, les années 80, années de douleur et de souffrance pour un beaucoup d’entre nous, le combat s’est poursuivi.

Des luttes sectorielles ont permis des avancées. Des engagements militants de divers types ont permis de repousser la tragique destinée à laquelle Iparralde était vouée.

Mais nous n’en sommes pas pour autant sauvés. Iparralde reste encore et toujours dans une situation où les éléments constitutifs de son identité propre sont en grand péril.

Comme il y a quelques décennies, les raisons de la légitime colère sont toujours là…

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui considèrent que la situation que vie le pays basque nord est inacceptable, à s’engager. A s’engager suivant ses moyens, ses capacités, mais avec détermination.

Ceci, pour ne pas que quelqu’uns, à l’image de Maddi, aient à tout donner.

HOMMAGE A MADDI HEGUY

Maddi_Hommage

Il y a 20 ans, jour pour jour, quasiment, en Pays basque, la nuit la plus courte de l’année fut aussi certainement parmi les plus tra- giques de l’histoire de ce peuple, mon peuple qui s’acharne à vouloir vivre. A vouloir vivre et aimer. Marie-France Héguy est morte cette nuit-là. Cette nuit où, pour une fois, la lumière aurait dû l’emporter, Maddi .cette jeune femme de 26 ans dont il faudra bien un jour inscrire au panthéon de notre mémoire collective l’exemplarité du destin, j’aurais tant voulu savoir témoigner, raconter son histoire si belle et si courte. Pour en faire un poème éternel, une ode à la lutte pour la dignité…

Vingt ans après, tout reste à écrire, ou quasiment…

Il y a 19 ans, à la Une d’Ekaitza, ce même premier jour de l’été, un plébéien que j’ai aujourd’hui toutes les peines du monde à recon- naître, publiait une élégie militante en forme d’hommage. Reprendre ici ce texte qui, je l’espère, n’a pas vieilli, décuple aujourd’hui mon émotion…

Uda-k hazia altxatzen

(l’été lève la semence)

C’est le premier jour de l’été. Tous les ans reviendra cette belle sai- son. Depuis la nuit des temps, depuis qu’un soleil s’est levé pour que les femmes et les hommes de cette terre vivent debout, depuis un toujours renaissant, une flamme d’espoir brûle dans nos cœurs.

En prison, c’était ton leitmotiv : Gora Bihotzak ! (Vive les Coeurs !) Ainsi, chaque fois tu signais tes lettres. Aujourd’hui, tu ne nous écris plus. Et pourtant cela fait maintenant une année que ta paraphe souligne nos actes. La haine, c’était ton ennemie. Et pourtant, jamais nous ne pardonnerons à ceux qui t’ont fait mourir.

Ta vie, ton engagement militant, nos luttes et tes câlins parfois… tout ça fleurait l’amour, l’amitié et ces choses qui embaument là où il nous faut aussi souffrir. Loin du charisme, souffle ce vent que la dialectique militante, empruntée à la poésie, intitulé «liberté».

Des mots pour réciter notre souvenir voilà ce que tu ne veux pas. Notre lutte, ce combat pour la vie, tu le conjuguais au présent… Nous continuerons.

Maddi, excuse-nous car de toi nous voudrions faire tout un symbole. Un message pour les générations futures, un creuset.

Tu n’es pas la première à avoir donné ta vie pour une Euskadi libre… et malheureusement pas la dernière. Le sang qui coule dans nos veines versera encore. La conscience du sacrifice obligé nous impose, à ton instar, de vivre intensément.

C’est le premier jour de l’été et il fait beau sur notre pays. Juste une toute petite brise suffit à réveiller notre somnolence. Un sifflement à nos oreilles. L’air d’une chanson qui te célèbre, Maddi, et crie en milliers de voix cet espoir démesuré, cette utopie d’une belle saison pour les Basques.

Gora Euskadi Askatuta !

(Vive le Pays basque Libre !)

Le plébéien bleu

Ci-dessous une petite vidéo glanée sur le site des archives internet de l’INA où l’on peut voir les quelques très rares images de Maddi Héguy à l’occasion de son procès à Bayonne.

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