LE DÉBAT SUR LE FÉDÉRALISME ET L’INDÉPENDANCE DE LA SARDAIGNE EST OUVERT

13/10/2010

Journées d’intenses débats en Sardaigne sur l’opportunité ou non que l’île devienne un état indépendant ou un territoire avec des liens fédéraux avec la République italienne. Le Conseil régional est entré dans le vif du sujet à propos de la réforme du statut d’autonomie de l’île, en suspens depuis plusieurs années.

Le Gouvernement de Sardaigne, dont le conservateur Ugo Cappellacci est à la tête, souhaite que l’île assume plus de pouvoirs, mais quelques partis parient ouvertement sur l’indépendance. En effet, Cappellacci s’est présenté aux élections de 2009 avec un programme dans lequel il proposait la « réécriture » du statut sarde afin d’obtenir une “augmentation résolue de la souveraineté” du peuple sarde. Le candidat de droite a gagné avec la majorité absolue, mais, dans les forces politiques qui ont participé à sa coalition il y avait le Parti Sarde d’Action (PSd’Az, qui a obtenu 4,4 % des votes). Le PSd’Az place désormais le débat sur le terrain indépendantiste à la chambre sarde. Loin du point de vue des autonomistes de Cappellacci, le conseiller Paolo Maninchedda et ses quatre compagnons de groupe ont déposé une motion au Conseil régional l’année dernière pour qu’elle y soit débattue : elle demande au Conseil régional qu’il “permette à la Sardaigne d’aller vers une indépendance pleine”, en y incluant une indemnisation pour le peuple sarde par la République italienne.

 

L’indépendantisme extraparlementaire donne également de la voie. Le parti Indépendance République de Sardenya (IRS), qui l’année dernière et cette année a montré une notable croissance, réclame que, à partir de l’année prochaine, les impôts payés par les Sardes soient redistribués pour des projets sur l’île. De la part du PSd’Az et d’IRS on pouvait s’attendre à ce genre d’initiatives, mais c’était moins probable de la part du Parti Démocratique (PD), la principale force du centre gauche italienne, qu’elle utilise un langage assez combatif pour dénoncer la façon dont l’incorporation de la Sardaigne à l’Italie s’est produite pendant le XIXe siècle. Les membres de la principale force d’opposition à la chambre sarde souhaitent qu’il y ait désormais un « échange d’idées politiques paritaire, ouvert et responsable » avec Rome afin de parvenir à un « nouveau pacte constitutionnel » qui augmentera substantiellement l’autogouvernement sarde.

Tout ce débat entre fédéralisme et indépendance sera très présent dans les séances du Conseil regional consacrées à la réforme du Statut et qui ont déjà commencé. Les différentes motions devront y être traitées. Le journal sarde La Nuova Sardegna prévoit quelques séances très compliquées, notamment pour mettre d’accord les parlementaires sur le type de relation que la Sardaigne doit avoir avec l’Italie.

 

Source: www.mondivers.cat

Traduit du catalan par : www.eurominority.eu

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