LIBERATION PROVISOIRE POUR LES MILITANTS USTEKE EMPRISONNES

Le 14 janvier 2010, la cour d’appel de Nouméa a accepté la demande de liberté provisoire déposée par Gérard Jodar, Michel Safoka et Ato Uveakovi, les dirigeants de l’USTKE incarcérés depuis juin dernier suite à un conflit syndical à la compagnie Aircal. voici, une petite revue de presse, composé des derniéres communiquations de l’USTEKE.

  • 12 janvier 1985- 12 janvier 2010 (assasinat d’Eloi Machoro)
  • Mobilisation pour la libération de nos camarades et contres les conditions de détention(bureau confédéral le 07/01/2010)
  • Le  bagne calédonien: l’exemple français dans le Pacifique (Gérard Jodar, président de l’USTEKE))
  • 12 janvier 1985 – 12 janvier 2010

Voilà 25 ans maintenant qu’Eloi Machoro, l’emblématique leader du FLNKS d’alors, tombait sur le plateau de Dogny, dans la commune de La Foa, avec Marcel Nonnaro, son compagnon dans la lutte comme dans la mort, sous les balles des tueurs d’élite du GIGN. Il ne s’est pas passé une année depuis sans que cette date ne soit marquée par un moment de recueillement. Un temps privilégié pour se souvenir individuellement ou collectivement, des martyrs de la lutte du peuple kanak.

Un devoir de mémoire conforté par le souvenir d’un homme qui fût durant cette période l’âme du peuple kanak en lutte.

L’assassinat d’Eloi Machoro, le matin du 12 janvier 1985 spolia le peuple kanak de l’un de ses plus grands stratèges, doté d’un sens politique aigu, extraordinaire meneur d’hommes dont l’intelligence et le charisme le désignèrent comme l’homme à abattre par l’Élysée et le gouvernement socialiste, cette année là.

Sa participation à l’échec du statut Lemoine avec l’organisation du boycott actif des élections du 18 novembre 1984 révéla ses immenses qualités et surtout sa foi inébranlable à l’idée que le Peuple Kanak aura un jour rendez-vous avec son destin.

Eloi avait su marquer les consciences avec un seul cliché, le montrant hache à la main, brisant une urne dans la mairie de Canala. L’impact médiatique qui en découla et qui contribua à faire connaître au-delà du récif calédonien, la lutte du peuple kanak, mis à jour une autre qualité de cet homme que beaucoup résumèrent en parlant de génie dans l’art de la communication.

Du combat à ses côtés nous garderons pour notre part le souvenir de cette intelligence vive toujours en mouvement et ses immenses qualités de pédagogue, sachant s’adapter à des auditoires les plus divers à l’occasion de réunions qu’il n’a cessé d’accumuler sur l’ensemble du Pays pour mettre en évidence les vices cachés du statut Lemoine.

Nous nous rappelons aussi de ce compagnon de route fidèle et attentionné, hors de tout esprit sectaire, celui qui dès le départ avait cru à l’Ustke composée, à ses débuts, d’une poignée de rêveurs.

Les instants mémorables sur le tarmac de l’aéroport de Tontouta partagés avec Machoro, venu prêter main forte, pour s’interposer devant les matraques des mobiles, ou pour veiller la nuit sur la sécurité de notre piquet de grève de Vigilant face aux provocations des fachos, ont marqué notre organisation syndicale qui lui doit son esprit rebelle et d’insoumission.

Aujourd’hui, nous nous remémorons également notre congrès à la cantine des dockers en octobre 84 qui décida de l’adhésion de l’USTKE à la charte du FLNKS et du ralliement à la stratégie du boycott actif du statut Lemoine, conformément à une résolution qui fut adoptée par 80% des délégués du Congrès et au terme de trois jours de débats politiques fratricides avec les militants de la tendance LKS qui, pour leur part, prônaient l’allégeance au statut Lemoine. Une position contestée par Eloi qui, à l’occasion de ce Congrès, intervînt en personne au nom du FLNKS, sans note et durant plusieurs heures, pour défendre le bien fondé du boycott du statut Lemoine et pour appeler l’USTKE à rejoindre cette position du Front.

Ce 12 janvier 2010, après une année 2009 riche en évènements sociaux et politiques et accompagnés de révélations qui pour certaines ne sont finalement que la répétition de l’histoire, nous nous disons que décidément rien ne pourra nous consoler de ta mort, Eloi.

Il serait d’un mauvais goût, de notre part de polémiquer, à l’occasion de cette commémoration, sur l’état de la mouvance indépendantiste, nous ne pouvons en revanche nous abstenir de nous poser la question de l’idée que les uns et les autres se font de la dignité, de la lutte et d’une certaine Kanaky. Nous gardons pour ce qui nous concerne la mémoire de la conception qui avait été celle d’Eloi qu’il su nous influer de son vivant.

Les conflits sociaux menés par l’USTKE ces dernières années et notamment le récent conflit d’Aircal a illustré, à nouveau, le gouffre qui existe entre notre organisation syndicale, politiquement engagé et un parti se disant indépendantiste. Un parti politique de triste mémoire qui pourtant a obtenu en 2009, face à l’USTKE, le soutien de certains leaders du FLNKS, nous rappelant ainsi que le 12 janvier 1985, en plus d’un camarade, nous avions perdu un leader hors pair qui su mesurer, en son temps, les véritables enjeux de la dimension sociale dans le combat nationaliste.

Aussi ce 12 janvier qui commémore un quart de siècle de leurs disparitions et dans un contexte social et politique particulièrement controversés, nous rendons hommage aux combattants de la liberté que furent Marcel et Eloi et faisons nôtre, le souhait posthume de ce dernier : « le combat ne doit pas cesser faute de combattant ».

Aux familles d’Eloi Machoro et de Marcel Nonnaro, aux tribus de Nakéty et de Mia, aux militantes et militants du Pays Xârâcùù, nous adressons nos salutations fraternelles.

Eloi tu nous manques.

Le Bureau Confédéral.


  • Mobilisation pour la libération de nos camarades et contre les conditions de détention

L’année qui s’achève a été exceptionnelle et restera gravée dans l’histoire de notre organisation syndicale.

Riche en événements sociaux avec notamment les grèves de Carsud, TDF et Aircal pour ne citer que celles là, elle le fut également sur le plan politique avec l’arrivée dans les institutions municipales et provinciales des élus du Parti Travailliste.

Les arrestations suivies des incarcérations de nos camarades dont beaucoup sont encore privés de liberté et parmi eux le président de l’ustke, ont clôturé une année où notre organisation syndicale a été soumise à rude épreuve.

Une expérience unique dans l’histoire de notre Pays avec la criminalisation sans réserve d’un syndicalisme de terrain, engagé, qui dérange.

Une volonté d’humilier l’ustke par le pouvoir colonial avec la complicité de la classe politique locale qui dans sa grande majorité est devenue le relais des intérêts des multinationales qui sont légions sur notre sol depuis les derniers accords politiques. Cette offense à l’endroit des responsables de notre organisation est une dédicace que nous lançons à la mouvance indépendantiste pour rappeler l’urgence de clarifier les orientations des uns et des autres par rapport au projet politique que le seul nom de Kanaky ne peut plus résumer.

L’implication de plusieurs responsables indépendantistes met à jour des divergences profondes entre la société à laquelle nous aspirons et celle de ceux qui forts d’une connivence sournoise ont exigé l’arrestation des syndicalistes de l’ustke.

Cette complicité sans réserve de la majeure partie de la classe politique indépendantiste à la répression orchestrée par l’Etat colonial contre l’ustke est une des révélations de l’année 2009 qui s’est achevée.


De la même façon, la montée lors des dernières élections municipales et provinciales du Parti Travailliste créé à l’initiative de l’ustke est la réponse de militants qui ne se reconnaissent plus dans les orientations illisibles prônées par les responsables de la mouvance indépendantiste.

L’arrivée de quatre représentants du Parti Travailliste au Boulevard Vauban (siège du Congrès de la Nouvelle Calédonie), trois élus à la Province Nord et quatre élus à la Province des Iles, après seulement deux années d’existence est l’autre révélation politique de l’année 2009.

Ajouté à cela, les péripéties rencontrées en 2009 et notamment l’incarcération de nos camarades a mis en évidence une situation insupportable qui est celle des conditions de détention au Camp Est, héritage du bagne calédonien. Si par le passé notre organisation était déjà intervenue à plusieurs reprises par le biais de ses représentants syndicaux pour dénoncer cet état de fait, la situation depuis, loin de s’être améliorée, n’a pas cessé d’empirer. C’est la dernière leçon de l’année qui s’est achevée.

La présence de nos camarades en tant que détenus a permis de dresser un état alarmant du Centre Pénitentiaire où l’insalubrité se conjugue avec surpopulation. Une situation que vivent nos camarades avec plus de 420 détenus dans une prison censée en accueillir 192. Une population carcérale composée à plus de 95% de kanak et qui l’année passée a totalisé plus de 16 évasions. Un record inégalé sur l’ensemble du territoire Français. La véritable image de la France coloniale dans le pacifique.


Au moment où débute cette nouvelle année il nous faut continuer à nous battre pour la libération dans les meilleurs délais de nos camarades dont chaque jour passé en prison constitue une atteinte à la libre expression du droit syndical, au droit de grève et au final à la prétendue démocratie tant exhibée par la patrie des droits de l’homme.

Il nous faut nous mobiliser à nouveau pour dénoncer et œuvrer pour un changement radical des conditions de détentions.


En réponse à une tournée récente en France du collectif pour la défense des droits et des libertés et pour la libération des syndicalistes, une délégation de sept parlementaires (sénateurs et députés européens) et élus de la République est présente en Kanaky depuis le 5 janvier dernier jusqu’au 16 janvier prochain pour se faire sa propre opinion sur les conditions de détention au Camp Est et apporter son soutien aux syndicalistes de l’Ustke.


Durant leur séjour, il est demandé à l’ensemble des structures de l’organisation, fédérations, unions provinciales et communales de l’ustke de rester mobiliser dans le cadre d’un programme diffusé par le bureau confédéral et consultable auprès de leurs responsables.

La solidarité de toute l’organisation est nécessaire dans ce contexte particulier et c’est ensemble que nous saurons apporter la réponse adéquate à toute cette répression.


Le Bureau Confédéral

  • Le bagne calédonien : l’exemple français dans le Pacifique

Le Camp-Est est le seul centre pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie. Il est conçu pour 192 détenus et en héberge actuellement 425. Il se décompose en 6 structures : · La maison d’arrêt pour les femmes qui date de peu et qui accueille 8 détenues logées individuellement. · La centrale pour les jeunes qui est en cours d’agrandissement et surpeuplée. · La centrale pour les adultes qui purgent de longues peines surpeuplée aussi. · Le dépôt pour les peines supérieures à un an également surpeuplé. · Le centre de semi-liberté où il n’y a plus de place pour dormir y compris parterre. · Et enfin la maison d’arrêt pour les hommes où je suis détenu et qui est la structure la plus surpeuplée actuellement à 282 %.

Le Camp-Est est le seul centre pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie. Il est conçu pour 192 détenus et en héberge actuellement 425.

Il se décompose en 6 structures :

· La maison d’arrêt pour les femmes qui date de peu et qui accueille 8 détenues logées individuellement.

· La centrale pour les jeunes qui est en cours d’agrandissement et surpeuplée.

· La centrale pour les adultes qui purgent de longues peines surpeuplée aussi.

· Le dépôt pour les peines supérieures à un an également surpeuplé.

· Le centre de semi-liberté où il n’y a plus de place pour dormir y compris parterre.

· Et enfin la maison d’arrêt pour les hommes où je suis détenu et qui est la structure la plus surpeuplée actuellement à 282 %.

Dans cette maison d’arrêt, nous sommes 5 et plus souvent 6 par cellule de 13 m2 . Il y a 3 lits superposés d’un côté et 2 de l’autre. Ces lits sont fabriqués en tube d’acier carré et boulonnés aux murs. Le sixième détenu dort parterre entre les deux colonnes de lits.

Le sol de la cellule est en béton ce qui rend l’entretien difficile et ne facilite pas l’hygiène.

Il y a un w-c à la Turc que nous utilisons aussi comme douche à l’aide d’un bidon en plastique en prenant l’eau de la chasse d’eau. Accroché au muret qui cache une partie du w-c, se trouve un bac en béton de 85 cm de long pour 50 cm de profondeur.

Tout le linge des prisonniers reste dans leurs sacs, sous les deux lits du bas, par manque de place.

Pour éclairer la cellule, il n’y a qu’une ampoule encastrée dans un trou du mur au dessus de la porte. Pour la lumière du jour, il y a un trou avec des barreaux, sans fenêtre située à 2 mètres de hauteur dans le mur opposé à la porte. Ce trou mesure 1,48 m de long par 50 cm de haut. La lumière tant extérieure qu’ intérieure est donc très faible d’autant qu’un mur d’enceinte est proche des cellules.

Il y a un téléviseur de 36 cm posé au dessus de l’armoire métallique vissée au mur.

Il n’y a qu’une seule prise de courant que nous ne pouvons pour ainsi dire pas utiliser car le réseau électrique est défaillant et disjoncte souvent à la moindre consommation électrique. C’est ainsi qu’on nous refuse les bouilloires électriques qui pourtant seraient pratiques pour préparer le café, le thé ou des soupes.

Pour terminer, un ventilateur est accroché au mur dans les cellules mais pas toutes. Il faut savoir qu’actuellement l’été arrive et il va faire entre 35 et 40 degrés ce qui fait que nous sommes obligés de dormir torse nu et à l’air libre alors que nous sommes envahis par les moustiques, les souris et les cafards, cafards que nous retrouvons parfois dans nos plateaux repas.

A six dans une cellule, nous disposons donc de 3,80 mètres carrés pour circuler, à six ? Ceci est impossible et oblige tout le temps 2 à 3 d’entre nous à rester couchés sur nos lits car nous ne pouvons pas non plus nous asseoir dessus ces lits étant verticalement séparés de 60 cm .

Les promenades commencent le matin à 6h30 pour la première pour se terminer à 16h pour la dernière. Elles durent ½ heure le matin et ½ heure l’après midi car dans la maison d’arrêt pour 196 détenus répartis en 4 blocs, il n’y a que 2 gardiens. Cela dit, nous avons tout de même sport le lundi, mercredi et vendredi matin pendant 1h30, ce qui fait que ces jours là, nous sommes enfermés dans la cellule pendant 22 heures sur 24 au lieu des 23 tous les autres jours.

Pour la nourriture, en dehors du fait que c’est toujours la même chose et parfois immangeable on nous donne de l’eau chaude, des sachets de café, sucre et thé, le matin à 5h30, pour le repas de midi, il nous est donné dans la cellule entre 10h30 et 10h45 et celui du soir entre 16h30 et 16h45. Ces repas se résument à une barquette inox contenant le plat principal et un fruit, un gâteau sec ou un yaourt. Comme je l’ai dit plus haut à plusieurs reprises, nous avons trouvé des cafards, des chenilles et même un bout de caoutchouc dans le plat principal.

Enfin pour les visites, nous ne disposons que de 2 visites d’une demi heure par semaine alors que le code de procédure pénale, le guide du prisonnier de l’OIP et le recueil « droits et devoirs de la personne détenue » du Ministère de la Justice diffusé et applicable depuis janvier 2009 stipulent que les prévenus doivent avoir au minimum 3 visites par semaines. En nombre de visites nous sommes donc en deçà de la loi et pour le temps de visite minimum légal.

J’ai saisi officiellement la direction du Centre Pénitentiaire en leur demandant de respecter la loi et les directives du Ministère mais à ce jour rien n’a changé.

Sachez aussi qu’il n’y a aucune structure de formation permettant une réinsertion efficace des jeunes ce qui fait que beaucoup d’entre eux entrent en prison pour de petits délits, s’endurcissent pendant leur détention et à leur sortie deviennent des petits caïds.

Depuis 5 mois que je suis là, j’en ai vu sortir un bon nombre qui est revenus pour de nouveaux faits quelques jours ou semaines plus tard.

A peu près 97 % de la population carcérale sont des jeunes kanaks et pour des faits identiques, j’ai remarqué que ces jeunes sont plus facilement et plus lourdement condamnés. Je doute franchement de l’indépendance de la justice ici chez nous.

Pour ce qui concerne, l’accès aux soins, il y a un médecin et deux infirmiers. Le médecin est là les jours ouvrables et un infirmier passe les jours non ouvrables pour les soins uniquement. Un dentiste vient 2 fois par semaine ce qui fait que les patients attendent au minimum 2 à 3 mois pour être reçus.

Le Camp-Est est une prison d’un autre temps, délabrée, construite il y a plus d’un siècle. Je pense que certains blocs de détention ont été construits avec des matériaux qui renferment de l’amiante ce qui est le cas d’une majorité de monuments de cette époque.

Nous détenons le record de France d’évasions avec 14 depuis début 2009. Ceci ne me choque pas car les détenus dont la famille est dans le Nord ou les îles n’ont presque jamais de visites. Aucune cabine téléphonique n’est mise à disposition au moins pour ces détenus. Je m’étonne d’ailleurs qu’il n’y ait pas plus de suicides.

Le personnel du Centre Pénitentiaire n’est pas mieux traité pour ce qui concerne les conditions de travail, ce qui affecte évidemment les conditions de détention.

Il y a un peu plus de 70 gardiens, effectif théorique car dans la pratique avec les congés, les arrêts maladie dus souvent au stress il n’en reste que 45 à 50 pour gérer 24h sur 24 plus de 420 détenus. Certains dimanche, il n’y a eu dans le Camp-Est que 4 gardiens, un pour 100 détenus, invraisemblable et pourtant vrai. Beaucoup de gardiens, dont certains de mon syndicat n’aspirent qu’à une seule chose, être mutés dans une autre administration. Ils sont totalement démotivés.

Pour ce qui me concerne je ne vais pas rester ici une éternité mais je crains beaucoup pour tout le monde que ce soit détenus ou gardiens.

Il faut dans les plus brefs délais apporter des changements radicaux, faute de quoi on va à la catastrophe. Maintenant que je connais la réalité du Camp-Est, je vais me battre pour faire changer les choses.

Je vous remercie d’avoir pris de votre temps pour lire ce petit état des lieux de la prison qui à mon sens aujourd’hui se classe à la dernière place des prisons dites françaises. La patrie des droits de l’homme n’a vraiment pas de quoi être fière de ce qu’elle fait ici dans notre Pays.

Gérard JODAR

Président de l’USTKE

Détenu au Bloc 1 Cellule 4

Centre Pénitentiaire de Noumé

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