KANAKY

bellaciao_ustke-47f13Sept représentant syndicaux de l’USTKE , syndicat Kanaques ont subis les foudres de l’état français, suite au conflit d’Air Calédonie, retour sur cette page d’actualité par le biais de communiqués de l’USTKE.


  • La manif du 4 juillet à Nouméa

Grande mobilisation pour nos camarades emprisonnés

Manif 4 juillet -chapô

Aux côtés des cinq mille manifestants, l’USTKE n’a pas failli à son devoir de crier sa désapprobation face une  « Justice » qui a mis sept de ses représentants syndicaux derrière les barreaux. Pour la plupart, ils sont à l’île de l’Oubli depuis le 28 juin. Les rues de Nouméa étaient ce samedi 4 juillet gorgées de monde.  On n’avait pas revu cela depuis la manif de 1995 concernant les essais nucléaires à Mururua (Tahiti).  Cette fois-ci, la manif se voulait pacifique et populaire.

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Elle l’a été tout le long de la route, à part un petit incident à l’angle de la place du Mwâ Kââ menant au musée de la Nouvelle-Calédonie. Un collectif s’est même prononcé pour la libération immédiate de nos syndicalistes, celui-ci a été reçu au gouvernement et dans les locaux du Haut-Commissariat.  Les représentants du gouvernement ont bien entendu les doléances du collectif, mais ceux-ci s’attacheront plus dénouer le conflit d’Aircal. Même sons de cloche venant du chef de Cabinet du Haussaire qui a suggéré à nos représentants de changer leurs méthodes de manifestation, et par ailleurs a souligné l’indépendance de la justice dans ses décisions.

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Une manifestation, qui en somme, a peut-être dérangé aux premiers abords mais qui trouvera un écho dans les prochains jours. A signaler la présence aux côtés des militants de l’USTKE, les membres du Directoire Politique du Parti Travailliste et de nombreux militants des îles et du Nord.

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Au cours de la semaine précédente, un appel à la marche avait été lancé par le Bureau Confédéral. Appel entendu puisque le président de l’U.C., le président de l’U.C.R., la secrétaire générale du SLUA, les membres du Comité Rhèbùù Nùù, le Comité de défense des prisonniers de Saint-Louis, des étudiants de Nouville, de nombreux jeunes des quartiers (Koutio, Vallée-du-Tir, Montravel, Tindu, Pierre-Lenquette) ont sillonné les rues du centre-ville, ont levé tout le long du trajet les couleurs du pays, ont porté fièrement les drapeaux de l’organisation, ont tenu les banderoles clamant « la libération immédiate de nos camarades incarcérés ». Des camarades du Nord, des Iles, de Yaté avaient également fait le déplacement depuis leurs communes respectives.

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Une logistique de grande envergure avait été déployée pour cette journée particulière. Soulignons l’efficacité avec laquelle  les différentes fédérations ont répondu présentes. Grand coup de chapeau à tous nos militant(e)s, aux personnes venues de loin, aux différentes organisations politiques ou apolitiques. Notamment, une pensée particulière aux enfants des sept détenus qui ont ouvert le long cortège des manifestants avec leurs mères. « Libérez nos papas » pouvait-on lire sur leur banderole et scander par les enfants. Une pensée aussi aux pères de familles détenus à la prison de Nouville dont le président de l’USTKE.
Gérard Jodar s’est dit fier de ses militants, a-t-on entendu au meeting lorsque sa femme a pris le micro. Une autre femme d’un des détenus a pris aussi la parole. On retiendra de son discours l’intention sur laquelle elle va s’attacher à se battre contre cette « justice coloniale », son profond respect pour le peuple kanak, et la solidarité particulière de l’USTKE dans ses moments difficiles. Hnalaïne Uregei, membre fondateur de l’USTKE au côté de son grand frère, LKU, a signalé que «  même en Chine, en Iran, ou en Palestine, ces pays où la guerre et la dictature sévissent, on  n’a jamais emprisonné des syndicalistes… ». L’USTKE peut se sentir affaiblie car il lui manque des dirigeants, certes mais au fond des choses, « l’organisation syndicale sort renforcée par cette mobilisation de masse », a-t-il dit.

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De cette « mobilisation grandiose, pacifique et populaire. L’USTKE, tous les militants et les femmes ont été à la hauteur de ce qu’on leur a demandé », a soulevé Marie-Pierre Goyetche, 2ème vice-présidente de l’USTKE. « Arrêtez cette répression systématique policière et judiciaire », a-t-elle rappelé. « On n’acceptera plus cela », a-t-elle conclu.
Faut-il rappeler que nous avons arpenté les rues de la ville blanche pour défendre nos droits de grève, nos droits syndicaux et enfin nous condamnons la criminalisation de nos actions syndicales. Nous n’hésiterons pas à y redescendre si il le faut !

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  • Communiqué du Comité de Défense Sociale (CDDS)

Un an de prison ferme pour Gérard Jodar
Liberté et levée des inculpations pour les militants de l’USTKE !
Il faut riposter face à la répression coloniale et anti-ouvrière !

Paris, le 2 juillet 2009 – Gérard Jodar, président de l’Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et Exploités (USTKE), a été condamné le 29 juin à un an de prison ferme, et cinq de ses camarades à entre quatre et douze mois de prison ferme. Dix-huit autres militants ont eux aussi été condamnés à quatre mois de prison avec sursis. Le Comité de défense sociale (CDDS) proteste énergiquement contre cette attaque qui frappe les travailleurs de Nouvelle-Calédonie, de toute la France et de ses colonies. Ces condamnations sont les suites d’une attaque policière le 28 mai dernier. Alors qu’ils manifestaient à l’aérodrome de Magenta, s’opposant au licenciement d’une employée de la compagnie Air Calédonie et à la mise en cause des libertés syndicales, des dizaines de militants de l’USTKE, dont Gérard Jodar et les autres condamnés, ont dû fuir l’assaut brutal des flics et une pluie de grenades lacrymogènes, trouvant refuge dans deux avions d’Air Calédonie. Ils ont été scandaleusement condamnés pour « entrave à la circulation d’un aéronef ». Ils ne faisaient en réalité que défendre le droit de grève et de manifester !

Nous nous solidarisons avec nos frères de classe en Nouvelle-Calédonie contre cette chasse aux sorcières de l’Etat français visant l’USTKE, et nous exigeons leur libération immédiate et la levée de toutes les inculpations.

Ces condamnations sont prononcées dans le contexte de la crise économique mondiale. Les
grèves dans les colonies font l’objet d’une répression de plus en plus féroce. Aux Antilles, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie, les luttes syndicales et contre l’oppression coloniale rencontrent répression et violence. En métropole aussi les attaques se multiplient contre les travailleurs, les immigrés et les jeunes, surtout ceux issus de l’immigration, ainsi que contre les nationalistes basques et corses. Ce qu’il faut, c’est une riposte du mouvement ouvrier, organisé indépendamment des forces bourgeoises, sans aucune illusion qu’un gouvernement capitaliste « de gauche » serait mieux disposé vis-à-vis de leurs luttes. La répression coloniale est caractéristique des gouvernements de front populaire tout autant que de la droite – du gouvernement Guy Mollet pendant la guerre d’Algérie à celui de Mitterrand qui en 1985 a fait assassiner le dirigeant indépendantiste kanak Eloi Machoro. Sans oublier la répression antisyndicale, et notamment l’emprisonnement de dirigeants de l’UGTG en Guadeloupe, sous le gouvernement Jospin-Buffet. Cette répression fut le précurseur des attaques actuelles contre l’UGTG en Guadeloupe, contre l’USTKE et d’autres syndicalistes.

Les peines contre Jodar et ses camarades montrent que la bourgeoisie cherche à sévir contre la classe ouvrière et contre quiconque ose critiquer la « République française, une et indivisible ».
L’USTKE et Jodar en particulier sont depuis longtemps poursuivis et réprimés par l’Etat français. Déjà il y a un an, le CDDS protestait contre la condamnation de Jodar à un an de prison pour « provocation directe à attroupement armé » et la condamnation de 22 autres militants (voir la déclaration du 25 avril 2008, « Liberté pour Gérard Jodar et les militants de l’USTKE ! »). Le message que veut faire passer l’Etat bourgeois avec cette persécution, c’est qu’il écrasera par la force toute tentative des travailleurs, en Nouvelle-Calédonie ou en France, de se défendre contre les licenciements et contre la remise en cause de leurs acquis par l’Etat et les patrons. Mais le mouvement ouvrier, et en particulier les syndicats en métropole, a la puissance sociale qu’il faut pour riposter en touchant la bourgeoisie où ça fait mal – le portefeuille, car c’est lui qui produit les profits qu’accaparent les capitalistes. Il doit mobiliser cette puissance pour prendre la défense des militants de l’USTKE. Une attaque contre un est une attaque contre tous, c’est toute la classe ouvrière qui est visée.
Nous sommes en faveur de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie et nous exigeons le retrait immédiat de toutes les troupes françaises de Nouvelle-Calédonie et du Pacifique. Le but de ces attaques, c’est que l’impérialisme français maintienne le contrôle du nickel de Nouvelle-Calédonie. L’émancipation du peuple kanak, et une entente harmonieuse entre Kanaks, Calédoniens et Océaniens ne pourront être gagnées qu’en liant les luttes des prolétariats de la région, néo-zélandais, australien et japonais. Cette perspective d’instaurer le socialisme dans tout le Pacifique, c’est celle du programme internationaliste, trotskyste.

Liberté pour les militants de l’USTKE condamnés !

  • POINT SUR LE CONFLIT D’AIR CALEDONIE

L’USTKE avait lancé un mot d’ordre de grève générale de 24 heures le jeudi 28 mai, suite au conflit d’Air Calédonie compagnie domestique locale, qui assure le transport intérieur (grande terre/Iles Loyautés) pour dénoncer  le refus du dialogue social au sein de l’entreprise et la remise en cause des libertés syndicales. Ce conflit en cours, perdure depuis 2 mois et demi faute de dialogue avec la direction d’Air Calédonie qui refuse catégoriquement les propositions avancées par le syndicat sans jamais négocier.
Cette journée de mobilisation générale qui se voulait pacifique et non violente avait pour but, par une présence massive des militants à l’aérodrome de Magenta, de ramener la direction d’Air Calédonie à la table des négociations et de trouver une issue dans un conflit qui n’a que trop duré au détriment des usagers de la compagnie.
A plusieurs reprises, les camarades grévistes présents devant l’entreprise se sont faits délogés par les forces de l’ordre alors qu’il n’y avait aucune entrave au service public et à la libre circulation. Nos camarades ont mené leur grève depuis le début dans le respect du service public et des usagers.
Une fois de plus, la réponse de l’Etat a été la répression policière avec attaque violente des forces de l’ordre, gendarmes mobiles et GIPN contre les militants, la criminalisation du droit syndical et de l’exercice du droit de grève.
Nous dénonçons les propos et l’attitude du délégué du gouvernement qui qualifie l’action syndicale de banditisme et l’USTKE de preneur d’otages : ce même Etat qui fait du dialogue social, son credo dans les instances locales et qui, dans la réalité, pratique la répression policière. Depuis le début du conflit (un peu moins de 3 mois maintenant), il n’a fait preuve d’initiative, dans la recherche de solution acceptable, se complaisant dans la manipulation de l’opinion publique pour justifier son action et contribuer ainsi au pourrissement du conflit.
Vingt sept militants dont le président Gérard Jodar, des membres du bureau confédéral et des responsables de fédérations sont aujourd’hui en garde à vue qui pour certains sera prolongée. D’autres sont dans l’attente du bon vouloir du parquet de Nouméa qui doit décider de leur comparution immédiate ou de leur convocation ultérieure devant le Tribunal Correctionnel.
Après la répression policière, la répression judiciaire comme seule réponse !
A l’issue de ce cette forte mobilisation dans le cadre de la grève générale de 24 heures lancée par le Bureau confédérale, l’USTKE dénonce l’absence de dialogue social, la répression systématique par les forces de l’ordre des mouvements de grève de notre organisation, la criminalisation de l’action syndicale et de l’exercice du droit de grève.
Cette mobilisation de masse des travailleurs n’ayant pas permis de faire évoluer la situation dans un conflit qui s’éternise, les responsables de cet échec assumeront les conséquences des prochaines mobilisations à l’échelle du Pays.
En conséquence l’USTKE appelle tous ses adhérents à rester à l’écoute et à s’organiser en vue d’une manifestation d’envergure dans le Pays. Un ultimatum fixé jusqu’au 5 juin prochain est donné pour que soit réglé le conflit Aircal. Passé ce délai, l’USTKE appellera toutes les structures de son organisation à une grève générale illimitée sur l’ensemble du Pays.

Le Bureau Confédéral

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