LA DECOLONISATION A L’ONU: UN EXAMEN DE CONSCIENCE BILATERAL

Communiqué du Sénateur Richard TUHEIAVA, copié du site du Tāvini Huira’atira, partis d’Oscar Temaru, 25 mai2010

L’irruption prétendument inopinée d’élus indépendantistes polynésiens aux portes d’un Séminaire Régional de l’O.N. sur la Décolonisation tenu en mai 2010 en Nouvelle-Calédonie a, comme prévu fait couler beaucoup d’encre.

Que n’a-t’on pas pu lire ou entendre comme inepties ou faux-raisonnements sur la décolonisation de la Polynésie française :

Non la décolonisation n’est pas forcément « l’anti-France »…car elle continue d’impacter plus d’une douzaine de pays anglophones autour de la planète dont certains sont hoirs du Pacifique.

Oui, le Royaume de Tahiti et ses Dépendances, avant les Établissements français de l’Océanie devenus la Polynésie Française, ont bien été historiquement colonisés par l’ancien Royaume de France qui deviendra difficilement la IIIème République française.

Oui, c’est al responsabilité des élus d’un peuple qui a connu cette colonisation de factualiser ce traumatisme et de provoquer un mouvement de résilience nécessaire pour panser proactivement les blessures d’un passé si proche.

Le peuple polynésien mérite de connaître toute la Vérité comme les autres : la colonisation a été et continue d’être une oeuvre humaine infâme et détestable, une période sombre dans l’histoire de l’Humanité, peu importe que certaines puissances l’aient camouflé sous les apparences d’une « œuvre civilisatrice » ou encore d’un « paternalisme économique décentralisé » grâce à l’appui des nécessaire des politiques locaux, qui pourraient presque, comme l’a signe l’Ambassadeur algérien Mohamed BERRAH lors du séminaire de Nouméa, « (…) légitimer leurs actions et dissocier les bouleversements violents qui ont profondément et irréversiblement modifié la trajectoire des peuples colonisés.

La décolonisation d’un pays commence par l’état d’esprit du peuple qui s’identifie et le compose. c’est là que les enjeux politiques se sont toujours situés en Polynésie. Or, c’est toujours une mission sacrée qui incombe à l’autorité administrante, signataire des chartes et résolutions des L’O.N.U qui s’y rapportent, d’accompagner ce processus…et non pas de l’entraver.

Le légitime processus de décolonisation suppose l’acceptation, au plan politique de cet « examen de conscience bilatéral » tant de la part de nos élus polynésiens que l’État français et ce, dans l’intérêt bien compris d’un peuple polynésien qui aura enfin le courage puis l’humilité, pour que al résilience soit en marche, de se reconnaître colonisé devant al scène internationale.

R. Ariihau TUHEIAVA Sénateur de la Polynésie française

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