LA PIROGUE: KANAKY NOUVELLE CALEDONIE, PERSPECTIVE D’EVOLUTION POLITIQUE APRES L’ACCORD DE NOUMEA

Le 24 avril 2010 à la mairie annexe de la Roseraie à Toulouse, l’association La Pirogue  a organisé un débat sur « KANAKY NOUVELLE CALEDONIE, PERSPECTIVE D’EVOLUTION POLITIQUE APRES L’ACCORD DE NOUMEA ». Etaient présents deux membres d’Herri Topa, par ailleurs membres d’Autonomia Eraiki.

Ce partage de la parole, était guidé par une profonde idée de respect, la coutume amenant les participants à un niveau de respect dont nous avons parfois perdu les bases, car il est rare d’entendre des locuteurs s’exprimer par respect « en s’humiliant devant l’assemblée ». Cette journée a appartenu à la parole kanak, amenant à s’exprimer des personnes qui avaient à s’exprimer, mais n’en avait pas nécessairement l’habitude, ce n’a pas été une fausse parole confisquée par des « spécialistes », mais un échange et un début de parole.

Synthèse de la Rencontre-Débat de LaPirogue

KANAKY NOUVELLE CALEDONIE, PERSPECTIVE D’EVOLUTION POLITIQUE APRES L’ACCORD DE NOUMEA

Rencontre-Débat du 24 avril 2010 à la mairie annexe de la Roseraie à Toulouse.

Programme :

14H00 : Arrivée, Cérémonie coutumière (accueil)

14H30 : Ouverture (Jacques Qaeze, Président LAPIROGUE)

15H00 : L’accord de Nouméa – Analyse socio-économique, culturelle et politique – Problématiques et enjeux de la sortie de l’accord…par Luther Voudjo (Panthéon Sorbonne – doctorat en droit public)

16H00 : Présentation des ateliers de réflexion par Yohan Waru (Responsable méthodologique)

Atelier 1 : « Accord de Nouméa: État des lieux, bilan et constat » dirigé par Warren Djidama (LaPirogue)

Atelier2 : « Perspectives: Sortie de l’accord, question du referendum, l’indépendance » dirigé par Jean Michel Washetine

17H00 : Synthèse finale Yohan Waru

Discours de clôture du Président de LaPirogue, Cérémonie coutumière

INTRODUCTION

Au cours de cette journée les participants se sont regroupés et ont conduit leurs réflexions autour d’un axe principal, l’Accord de Nouméa. Dans chaque groupe était désigné un animateur et un secrétaire. Les questions ayant présidé à l’animation des ateliers étaient centrées sur les représentations de l’accord de Nouméa actuellement et de l’après. Deux ateliers ont permis de rencontrer une trentaine de personnes de différents statuts – étudiants, militaires, travailleurs kanak,  militants français. Ces ateliers exploratoires ont fait remonter des opinions qualitatives, des préoccupations et des attentes réelles.

RESULTAT DES ATELIERS

Nous avons recueilli lors de ces ateliers des opinions qui illustrent un malaise socioculturel pouvant mettre en danger l’avenir de la société en Kanaky Nouvelle-Calédonie.

Dans la manière de raconter leurs histoires, de donner leurs idées sur l’Accord de Nouméa, les participants perçoivent que les relations coutumières familiales ou claniques au sein de la tribu évoluent.  Qu’elles se modifient également au travers de l’école, avec l’armée, etc.…

Par rapport au développement.

Un désir très vif de participer  au développement  du pays occupe les personnes présentes dans les ateliers. Les problèmes fonciers sont fortement ressentis comme difficiles à gérer car sont porteurs de beaucoup de passions alimentées par une histoire souvent douloureuse d’appropriation. Le cadastre coutumier doit être établit au plus vite afin de d’accompagner le développement en milieu tribal.

Par rapport aux institutions.

Les personnes sont dubitatives et pensent que bien souvent  si elles ne font pas partie d’une famille, d’un clan ou d’une tribu particulière, elles n’auront pas gain de cause. Par ailleurs, elles soulignent le fait que la majorité des administratifs sont des « zoreilles » qui s’interposent entre eux et les élus kanak. Que Les difficultés d’accès sont alors multipliées et qu’il faut passer la barre du droit invoqué par l’administratif ou la barre de la reconnaissance. Remarque : les femmes connaissent mieux les services administratifs.

De la coutume

La coutume apparait aux participants comme quelque chose de durable et d’incontournable qu’il faut  mettre en avant car elle est porteuse de valeurs solidaires. Que ces valeurs peuvent soutenir un développement économique sain  à conditions de respecter certaines règles et surtout de dépasser les conflits repérables latents. D’où la dimension de participation locale  à définir pour chaque projet qui pourra rayonner ensuite comme une tâche d’huile (pénétration).

On s’aperçoit que souvent que les conflits coutumiers sont dus à la rivalité entre les personnes du conseil coutumier, les appartenances et alliances différentes.

Quand ce ne sont pas des conflits directs, une sorte de désespérance transparait chez les kanak. Ce sentiment fait allusion aux grandes figures disparue : Machoro, Tjibaou… très présentes dans le discours comme si les participants aux ateliers étaient tétanisées par toutes ces disparations. Ces traumatismes collectifs ont provoqué une sorte de désenchantement : c’est comme si, il était difficile de se bouger après toutes ces épreuves.

Le développement des pratiques traditionnelles locales dans lesquelles sont impliqués les coutumiers nécessitent de redéfinir leurs places car pour arriver à un résultat pour une démarche il faut souvent passer par untel ou untel. Cela demande de gros efforts de contacts qui découragent parfois les meilleures volontés des jeunes notamment. Nous pensons que des clarifications  du « chemin coutumier » sont nécessaires.

De la citoyenneté

Ce sont souvent les étudiants qui ont évoqué cette notion dont ils ont été curieux de savoir à quoi elle correspondait. Impossible pour eux de se reconnaitre dans la notion de citoyenneté : « citoyen de quelle nation ? Française ? Se référant au droit français, et on va vers une indépendance non ? Moi je fais partie du droit coutumier. Alors citoyen calédonien, je ne sais pas ce que ça veut dire, moi j’suis kanak et je resterai kanak. » Propos d’un jeune étudiant kanak.

Du politique

Un fort sentiment de frustration existe à ce sujet chez les participants. Ils constatent  que le discours politicien est décalé par rapport à la réalité. On remarque que le mot « rééquilibrage » est sans cesse utilisé en politique mais quel sens peut-il prendre si personne n’entend les coutumiers et la population sur le sens qu’ils voudraient lui donner ?

Le partage des richesses ne signifie rien si d’emblée les politiques admettent qu’appât du gain, rentabilité et profit sont des modèles de réussite dans une société moderne. Il est important d’établir un projet de société pour la Kanaky Nouvelle-Caledonie car il y a des contradictions sociopolitiques à lever. En effet si le modèle à atteindre est celui du monde occidental, le développement passera par une économie capitaliste génératrice d’inégalités sociales si ce n’est pas le cas il nous reste à le définir.

Instaurer un débat démocratique sincère

La réflexion sur le devenir de notre pays commencé depuis longtemps ne semble pas vouloir se calquer sur l’exemple occidental décrit ci-avant dont on connait aujourd’hui les défauts (marginalisation, exclus du système économique, pollution…).

L’organisation de ces types d’ateliers est la preuve d’une certaine volonté à développer le Pays pour répondre aux aspirations de la population en premier lieu. Le débat doit être instauré entre élus et acteurs concernés de manière régulière dans des lieux publics et ouverts.

Ceci pourrait être un premier travail à effectuer : un guide de développement dont les grandes lignes pourraient être discutées, négociées au sein d’espaces de proximité, c’est-à-dire des lieux permettant aux acteurs de terrain (les kanak, les calédoniens concernés par le développement) de prendre la parole, de débattre, de décider des affaires de la « cité ».

Actuellement, il est d’usage de passer par les coutumiers, le chemin coutumier pris, permet à certains partenaires de faire l’économie d’un débat, sans savoir si l’information auprès de la population a bien été comprise et répercutée par les coutumiers.

Chacun doit s’assurer que la requête arrive bien au bon destinataire, que la réponse (bonne ou mauvaise) qui peut y être apportée, à été étudiée avec la plus grande attention, la plus grande équité et qu’elle ne comporte ni entraves gratuites, ni partialité. Eviter, en somme, qu’il soit traité des problèmes d’une manière effective, propice aux jugements de valeurs, plutôt qu’administrative c’est-à-dire garantissant une plus grande neutralité. Le retour aux sources est prôné par certains s’avère rassurant face à un avenir parfois bouché. Cependant le retour en tribu, au travail de la terre, la pratique des solidarités  familiales et tribales paraissent plus pertinentes pour retrouver un équilibre rompu par  la modernité. Celle-ci est bien perçue comme inéluctable et nécessitant des efforts individuels et collectifs.

ANALYSE :

Les constats de cette journée de réflexion nous poussent à penser que la population calédonienne en général et kanak en particulier se trouve de fait, en situation conflictuelle individuelle où sociale d’où résulte des différents qui l’oppose à son environnement sociale, institutionnelle, juridique et politique.

Les conflits d’aujourd’hui sont en partie la traduction des crises d’hier prenant en compte le poids d’un passé liant l’histoire de France, faisant resurgir des antagonismes.

Hier et les accords de Matignon : La crise d’identité politique n’est pas nouvelle ; elle s’origine dans l’inscription impossible des parents et arrières grands parents kanak du temps de la colonisation. Les Accords de Matignon-Oudinot ont largement tenté de résoudre ce passif douloureux.

Aujourd’hui l’Accord de Nouméa : L’accord réhabilite les valeurs du peuple kanak et tende à réduire les écarts entre lui et les autres ethnies formant le peuple calédonien. Ainsi les politiques qui relaient les chapitres de l’accord, inspire la classe politique dirigeante kanak qui tente d’en tenir compte avec plus ou moins de nécessité car l’ambivalence existe également au niveau politique. C’est la question posant le problème de la légitimité de l’autorité en Nouvelle-Calédonie, coutume ou droit, qui se pose immanquablement dans un questionnement interculturel :

-Entre majorité et minorité

-Entre l’autochtone et l’étranger (encore faut-il définir qui est l’étranger ?)

-Entre culture dominante (économique, Etat…) et culture dominée (rural, kanak, sous culture communautaire)

-Plusieurs analyses sont possibles :

-Entre culture de l’environnement (développement durable) entre culture industrielle et cultures agricoles

-Entre culture religieuse (catholique ou protestante) et laïque (éducation nationale)

-Entre culture inter et extra générationnelle

-Entre culture du genre masculin et féminin

Les déclinaisons peuvent être nombreuses, contentons nous de celles énumérées pour tenter de les percevoir dans le système relationnel entre les personnes. Toutes ces transversalités sont présentes et démontrent la complexité des relations humaines qui supposent la réussite à l’échec des actions menées dans le cadre du développement.

Réalités d’une dynamique conflictuelle

Deux dimensions (diachronique et synchronique) sont repérables simultanément dans la société calédonienne :

Toutes les sociétés évoluent dans le temps, la société calédonienne n’échappe pas à cette évolution, qui au XXIème siècle, s’inscrit dans une mondialisation des échanges et des connexions cybernétiques.

Dans l’espace, la Nouvelle-Calédonie est influencée par ses voisins, sa région, le Pacifique sud, son caractère, l’Océanité, sa spécificité insulaire mais elle aussi influence d’autres cultures notamment la culture dominante française. Ceci pour dire qu’une société et son peuple sont vivants, ils bougent et sont donc en permanence (comme l’individu) en recherche d’équilibre.

Repérer le plus clairement possible les antagonismes, les différences, les oppositions, ou au contraire ce qui rapproche ses membres permet de cerner au plus prés les déséquilibres provoqués par les changements sociaux et l’acculturation qui en résulte en repérant 3 types d’antagonismes véritable frein à un développement du pays.

Antagonismes repérés

Antagonismes de fond : colonisation et néo-colonisation

Cet antagonisme historique de fonds met en scène les dialectiques colonisatrices (colonisé, colonisateur) dominé qui sont toujours présents peu à peu dans les représentations collectives de la population de Nouvelle-Calédonie. Bien que ce type de discours semble dépassé, il convient de ne pas l’évacuer trop vite des analyses. Ce type d’analyse permet le repérage des points de confirmation possible entre les différentes ethnies composant la mosaïque calédonienne car leurs relations sont emprunts de valeurs individuelles et collectives inspirées de leurs histoires propres. Le tiraillement le plus évident est celui qui oppose la société kanak à la société française.

Hier le colonisateur des origines se caractérise par la spoliation de terres kanak dont les problèmes actuels du foncier sont toujours l’expression non résolue.

Aujourd’hui le néo-colonialisme économique s’inscrivant dans l’ère de la mondialisation se substitue aux modèles classiques d’hégémonie d’un peuple sur un autre. Toutefois les oppositions de groupes ethniques appartenant à des classes sociales différents peuvent se décliner sur le mode d’inégalités non résolues : selon que ce soit des descendants du peuple kanak ou descendants de colons, bagnards, la mosaïque calédonienne est variée.

Zoreilles, fonctionnaires, hommes d’affaires ou aventuriers ce ne sont pas les mêmes, Caldoches descendants de bagnards déportés politique ne se sentent pas les mêmes que ceux descendants de déportés de droit commun à fortiori s’ils étaient des étrangers (arabes, italiens) en France au XIX siècle.

Les émigrés indonésiens ont introduit une composante musulmane non négligeable d’identité forte. Les apports de main d’œuvre asiatique, japonaise, vietnamienne forment une autre composante. Les wallisiens et futuniens (migrants intérieurs puisque français) ne tolèrent pas en mal d’être traités de migrants, terme qui renvoie à la représentation négative alors qu’ils ne se ressentent pas comme tels, ils sont français et veulent le rester.

Une identité commune calédonienne semble vouloir donc émerger de cette diversité mais en même temps cette mosaïque colorée ne rend pas les choses faciles pour les dirigeants. Depuis les premiers évènements de 1984, la tendance est de considérer le peuple kanak comme légitimement souverain en qualité de premier occupant de la terre. Les ambiguïtés historiques sont toujours là et empêchent les individus ou groupes d’individus de se situer de trouver leur place eu soleil sur le « caillou ».

Ces diversités obligent la classe politique émergeante kanak à des analyses incontournables. C’est peut être la Kanaky Nouvelle-Calédonie qui donnera le premier exemple au monde d’une décolonisation « négocié ».

Antagonismes sociaux institutionnels

Découlant des antagonismes de fonds, des antagonismes sociaux et institutionnels traduisent la modification des rapports sociaux collectifs à travers les institutions réputées intégratives :

-L’école privée et l’école publique opposant enseignement religieuse et laïque.

-Les lieux de culte religieux (église, temple).

-L’armée professionnelle aujourd’hui, elle n’a plus le caractère éducatif de masse qu’elle avait.

-Les différents corps de fonctions publiques ne drainent pas les mêmes populations.

-Les grandes entreprises (minières par exemple) privées ou publiques sont à distinguer des petites à caractère familial.

La liste n’est pas exhaustive, mais toutes ces structures véhiculent des valeurs définissant des normes parfois contradictoires avec les cadres de référence de l’individu ou groupes d’individus qui ont alors du mal à se retrouver donc deviennent agressifs ou passifs.

Antagonismes individuels relationnels

La société calédonienne globale évolue et provoque aussi une modification des rapports sociaux familiaux (relations entre anciens et jeunes génération, entre les parents et enfants mais aussi entre clans, entre familles élargies). Dans ces rapports il peut être trouvé la psychogenèse de troubles engendrés par ces mutations. La confrontation des valeurs véhiculées par les anciens et celles véhiculées par l’éducation  aux jeunes kanak en milieu scolaire accentue ces mutations. Le premier privilégie la solidarité, le collectif, la soumission à l’autorité des aînés et chef (respect et devoir), le second prône l’individualisme, l’autonomie, le libre arbitre (droit et liberté).

Crises et conflits

Les valeurs traditionnelles deviennent discrètes, démodées, stigmatisées, rétrogradées et donc de moins en moins reconnue comme modèle à faire valoir et surtout à transmettre. D’où la nécessité de réaliser un véritable accompagnement humains de ces mutations sociales.

Le changement social s’est opéré dans la continuité par les vieux pays comme la France, d’une histoire d’évènements qui s’enchainent ; en Nouvelle-Calédonie le phénomène s’accélère, il faudrait qu’en moins de vingt ans (1988/2008) sa population intègre ce que d’autres ont mis des siècles à intérioriser provoquant crises et conflits.

La crise entre société de type traditionnel (coutumière) et moderne (française) provoque des conflits d’ordre individuel et collectif.

Il y a également le constat d’une crise identitaire, fluctuation, surtout pour les jeunes entre plusieurs identités. Par les jeunes kanak, l’identité culturelle est largement liée à l’identité politique. En cas d’ambivalence forte, le kanak risque de ne pas se forger une identité propre. Il est hors la loi. A défaut de pouvoir s’inscrire dans l’espace kanak et l’espace français, le risque est grand d’évoluer dans des marginalités excessives.

Crise socio juridique

Outils de contrôle social, les appareils judiciaires administratifs, d’éducations ne sont pas exempts d’ambivalence dans la manière dont ils fonctionnent et surtout dans la manière dans ils appliquent les textes qui les régissent. Ces structures oscillent autre une réglementation appliquée au pays d’outre mer qui est la Nouvelle-Calédonie et une réglementation française qui n’a pas été percée par la société calédonienne. Quel but ? Quelle éducation ? Quelle justice ?

Par rapport au droit : droit différent, droit français commun ou droit coutumier ? Cela pose la question de l’égalité des Droits.

Crise sociopolitique

La Nouvelle-Calédonie a entamé son processus d’autonomie puis d’indépendance non sans passer par les affres des paradoxes non résolus. 3 voies possibles :

Rester français ou pas, comment, avec qui. ?

Peuple kanak souverain avec mosaïque des autres ethnies.

Troisième voie possible : La reconnaissance des uns par les autres et vice versa tente dans ce cas de réduire les différences qui opposent sachant que tout ce qui rassemble est éminemment positif et créatif, tout ce qui divise est éminemment négatif.

QUELLE IDENTITE ?

L’ambiguïté identitaire est telle que la passivité voire l’indifférence politique pour se réfugier dans d’autres valeurs, sont quasi impossibles à éviter. Inspirée du modèle républicain français et tentée par quelques représentants significatifs de la société calédonienne, la notion de citoyenneté est difficilement relayable par une par une population qui ne s’y reconnaît qu’à moitié voire pas du tout. Pourquoi ? Parce que la notion de citoyenneté se rattache par définition sinon par nature à la notion de nation donc de patrie.

Alors quelle nation pour la Nouvelle-Calédonie ? Avec quel drapeau ? Le slogan de citoyenneté renvoyant à l’Etat français contre celle de celui de Kanaky, sont pas un discriminant significatif pour comprendre la société calédonienne car il faudrait alors définir quelle nation donc quelle armée assure la défense, quelle monnaie, quelle justice  etc.…Le paradoxe résident précisément dans ces difficultés à se définir par les habitants de la Nouvelle-Calédonie.

Sans doute les choses vont-elles évoluer et il faut donner « du temps au temps ». Personne ne pourra faire l’économie du droit et des lois qui régiront ce pays (lois du pays) car elles donneront des réponses. Cependant avant qu’elles ne soient élaborées, votées, appliquées, confrontées aux expériences, il y aura des pièges, des vides juridiques qui régissent un état de droit démocratique quand il n’est pas encore arrivé à maturité. Celui-ci sera-t-il inspiré, pénétré d’un esprit coutumier traditionnel ou d’un esprit franco-français ? Malgré toutes ces contradictions la Nouvelle-Calédonie a commencé à vivre son destin propre, il ne nous appartient pas d’apporter des réponses, mais de poser des questions.

La prise en compte de ce travail d’explicitation d’analyse dans les applications de politiques d’actions et de développement à quelque niveau que ce soit, permettra peut être de faire l’économie de certaines formes de violences car il est certain que l’individu ou les groupes d’individus qui ne sont plus en cohérence avec la société qui les entoure deviennent violents soit contre eux-mêmes soit contre ceux qu’ils tiendront pour responsables de leur mal être. En un mot, une politique de développement humain est plus que nécessaire à la paix sociale.

Pour Le Bureau de LaPirogue

Mlle Myriam Mézières

Mr Jacques Qaeze,

Mr Yoan Boewa

Pour le cadre méthodologique et la rédaction de la synthèse

Mr Yohan Waru

Les animateurs des ateliers

Mr Jean Michel Washetine

Mr Warren Djidama

Les secrétaires des ateliers

Mr Albert Palasso

Mr René Waetheane

Mlle Myriam Mézières

La Pirogue (06 69 78 56 25 , lapirogue.31@gmail.com , 31 allée du val d’Aran 31770 Colomiers)

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