LANGUES AUTOCHTONES

Une problématique commune

Lors de leur séjour revendicatif à New York, les citoyens d’Iparralde ne se sont pas contentés de leur intervention à l’ONU. Ils ont égale- ment été les témoins de débats et autres rencontres auxquelles ils ont assisté ou participé. Le texte qui suit correspond à une confé- rence sur les langues autochtones concernant plus particulièrement l’Amérique latine. Le compte-rendu qui suit montre bien à quel point la problématique reste commune des deux côtés de l’Atlantique. Problématiques et solutions à apporter pour une revitalisation de ces langues et de leur expansion.


DU CÔTÉ DES GARIFUNA

Garifuna : langue et culture réparties sur trois pays Guatemala, Nicaragua, Belize.

La langue est interdite jusque dans les années 80 à l’école, elle s’est donc presque totalement perdue. C’est une langue issue d’une tradition orale elle n’a donc aucune orthographe, grammaire ou syntaxe fixes, elle souffre d’une absence de professeurs diplômés pour enseigner, et de matériel didactique. Par ailleurs, la langue Garifuna est largement dépréciée et ce depuis toujours, par les différents gouvernements en place.

Les solutions envisagées ici pour améliorer cette situation seraient :

– de créer une sorte de Batua (langue unifiée) de manière à fixer par écrit la langue orale et la doter de règles facilitant par la suite son apprentissage dans un cadre scolaire ;

– de monter une école uniquement en Garifuna sur le territoire du Belize ;

– de renforcer les liens entre les différentes communautés Garifuna éparpillées sur plusieurs pays ;

– de former des professeurs diplômés aptes a enseigner le Garifuna auprès des plus jeunes.

LE CAS DU QUECHUA

Le quechua a lui aussi été interdit à l’école jusqu’à il y a peu. Aujourd’hui encore, l’espagnol demeure la seule langue officielle donc pas d’ascension sociale possible en quechua, d’où un non intérêt de la part des communautés autochtones à se réapproprier leur langue d’origine. Il y a le problème de la retranscription aussi, le quechua a été retranscrit en alphabet latin ne permettant pas ainsi une fidèle reproduction phonique des sons de la langue, certains sons du quechua n’existant pas dans notre alphabet classique. Aucun accès à l’info en langue quechua domaine strictement réservé à l’espagnol. Quelques éléments de réponse à apporter seraient :

– un travail linguistique de création d’un alphabet apte a reproduire les sons propres au quechua ;

– de produire du matériel didactique afin de pouvoir enseigner la langue ;

– que l’ONU fasse pression sur les pays signataires de la déclaration des Droits des Peuples autochtones et ce afin de voir s’appliquer concrètement les mesures prescrites notamment au niveau de la protection et de la diffusion de la langue.

LES LANGUES MAYA

Rien qu’au Nicaragua, on dénombre une vingtaine de langues maya. Ici aussi on retrouve le problème de la compréhension entre les différents locuteurs du maya, l’espagnol reste encore et toujours la seule langue officielle n’offrant que très peu de possibilité d’écoles en langue maya. Il n y a pas d’enseignants formés, pas de matériels didactiques adéquats (une seule version de dictionnaire possible). De plus, les universitaires en place dénigrent le maya et ne favorisent pas son expansion (ou plutôt son renouveau devrait-on dire). De plus, il y a le problème des domaines d’utilisation de la langue, elle est parlée uniquement à un niveau affectif, c’est-à-dire environnement familial, cérémonies religieuses et traditionnelles. Ce qui est proposé :

– c’est de la encore, créer un Batua afin de favoriser la compréhension et les échanges entre les différentes communautés ;

– de reconnaître officiellement les langues maya au même titre que l’espagnol ;

– de produire des documents didactiques ;

– de former des enseignants (c’est une constante) ;

– de créer des écoles bilingues (l’excuse apportée par les Etats est la multiplicité des langues mayas !)

– il faut obligatoirement mener une campagne de revalorisation des langues mayas au sein de la société, notamment auprès des universitaires et des familles afin qu’au coeur même de la cellule familiale le maya soit de nouveau transmis aux jeunes générations ;

– de même, il faut, pour la langue créer un contexte d’utilisation plus large en complément de celui strictement affectif : production de livres, de films, de programmes TV a destination des enfants, création de journaux, expression musicale, etc.

Depuis quelques années a été mis en place un réseau itinérant de savoirs mayas destiné à sauvegarder et promouvoir ces savoirs. En résumé tous ces intervenants demandent a l’ONU au nom des peuples concernés, la stricte application des mesures inscrites a la Charte des Droits des peuples autochtones par les Etats signataires. Un strict respect de leurs droits naturels et inaliénables à pouvoir vivre, travailler, se cultiver dans leur langue d’origine, en tout liberté.

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