L’INSTANCE PERMANENTE SUR LES QUESTIONS AUTOCHTONES EXAMINE LE CAS DU PEUPLE GUARANI CONFRONTÉ À UN SERVAGE DE FAIT, le jeudi 28 mai

unlogo_blue_sml_frPoint de presse, résumé des services d’information de l’ONU sur la huitiéme journée, le jeudi 28 Mai.

L’Instance permanente s’est penchée, une bonne partie de la matinée, sur le peuple guarani du Chaco et son état de quasi-servage.  Elle a entendu des comptes rendus des missions effectuées par l’Instance au Paraguay et en Bolivie, ont été abordé aussi de multiples discriminations que subissent nombre d’autochtones, les problémes de frontiéres, d’exploitation miniéres, des effets de la banque mondiale …
Cette scéance a vu l’intervention d’Audrey Hoc pour Autonomia Eraiki, demandant un respect pour les participants, la demande de création d’un poste d’expert, et proposant pour la prochaine session, nombre d’améliorations, au profit des représentant des peuples.
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L’Instance permanente de l’ONU sur les questions autochtones a consacré son avant-dernière journée à débattre de questions diverses, dont celles ayant trait aux droits de l’homme, et a continué de discuter des recommandations qu’elle adoptera demain lors de la conclusion de cette huitième session.

L’Instance permanentes’est penchée, une bonne partie de la matinée, sur le peuple guarani du Chaco et son état de quasi-servage.  Elle a entendu des comptes rendus des missions effectuées par l’Instance au Paraguay et en Bolivie.

Sa Présidente, Mme Victoria TauliCorpuz, a souligné que c’était la première fois que l’Instance était invitée par deux Gouvernements qui l’ont appelée à les aider à mettre un terme à une situation inacceptable.  Elle a exprimé l’espoir que d’autres États suivraient cet exemple.

Le représentant de la Bolivie a souligné que ce n’était que par la reconnaissance de l’existence des « communautés captives » que l’on pouvait vraiment lutter contre ce phénomène qui est, a-t-il précisé, « un résidu » de la discrimination raciale héritée du passé et longtemps niée par les autorités.

Par ailleurs, un certain nombre de propositions ont été faites par l’assistance concernant la session 2010.  Le représentant des églises évangéliques des peuples autochtones a proposé que la prochaine session s’intéresse aux droits des femmes qui constituent le noyau de la famille, a-t-il rappelé.  Les débats des deux dernières semaines ont, en effet, fait ressortir à plusieurs reprises le fait que les femmes autochtones étaient en butte au sexisme au moins autant que les autres, parfois sous couvert de la tradition.  À l’instar d’autres délégués, ce représentant a aussi proposé d’examiner les questions de la migration et du racisme visant les autochtones.  Plusieurs orateurs ont souligné que nombreux étaient les autochtones parmi les migrants sans papiers se rendant dans les pays du Nord.

Par ailleurs, la Commission juridique pour l’autodéveloppement des peuples andins d’origine (CAPAJ) a rappelé, qu’en 2007, des centaines d’organisations non gouvernementales (ONG) d’autochtones avaient vainement réclamé l’inscription du problème de l’eau dans l’ordre du jour de l’Instance.  C’est un point qui doit être intégré aux débats sur les changements climatiques, a-t-il exigé, réitérant la demande de voir créé un poste de rapporteur spécial sur l’eau.

Enfin, concernant l’organisation des débats de la future neuvième session, plusieurs délégués se sont plaints de la limitation draconienne du temps de parole, l’un d’entre eux proposant que l’on remédie à cela en allongeant les séances, par exemple.  En raison des complications entraînées par la rénovation du Siège de l’ONU, un représentant aborigène a proposé que la prochaine session ait lieu dans l’hémisphère Sud.

L’Instance reprendra ses travaux demain vendredi à 10 heures, les deux dernières sessions devant être essentiellement consacrées aux recommandations.

Déclarations

Mme KUE XIONG, du Conseil pour les droits de l’homme des Hmongs, a décrit les violations des droits subies par le peuple hmong, dans les États du Laos et de la Thaïlande. Elle a fustigé les politiques de réinstallation des Hmongs, menées par ces deux États, sans aucun respect de leur qualité de peuple autochtone et sans tenir compte de leurs aspirations territoriales.  En plus d’être déplacés, les Hmongs sont faussement qualifiés de « migrants économiques illégaux » par les autorités thaïlandaises qui menacent, à chaque occasion, de les renvoyer au Laos, a-t-elle affirmé.  Seule l’organisation Médecins sans frontières apporte aujourd’hui son aide aux 5 000 refugiés hmongs dispersés dans cette région, a-t-elle indiqué.  Elle a en outre fait part des enquêtes journalistiques ayant mis en lumière « la chasse au Hmong » conduite par les militaires du Laos.  L’Instance doit examiner cette situation.  Et c’est en ce sens qu’elle a recommandé qu’un rapport soit envoyé au Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme, afin qu’il entame des recherches sur ce point.  Elle a conclu en appelant à un dialogue fructueux entre les Hmongs et les Gouvernements du Laos et de la Thaïlande.

Mme PIERRETTE BIRRAUEX, du Pacte des peuples autochtones d’Asie, a qualifié d’« intolérables » les conditions de travail auxquelles sont soumis les participants à cette session de l’Instance permanente, en particulier ceux inscrits dans les divers groupes de travail.  Elle a recommandé à l’Instance de prendre les mesures nécessaires pour améliorer cet environnent de travail.  Il est impossible de continuer à réaliser le travail si des changements ne sont pas faits, a-t-elle insisté, en suggérant à l’Instance d’envisager la relocalisation des prochaines sessions dans d’autres villes.

En réponse à cette préoccupation, la représentante du secrétariat de l’Instance, a expliqué que les changements de salles lors de cette session étaient dus à des opérations de réfection au Siège des Nations Unies et à la tenue de plusieurs réunions dans l’enceinte.

Mme TARCILA RIVERA ZEA, du Chirapaq, a fait état de l’impact des changements climatiques sur les équilibres écologiques, socioéconomiques et culturels.  Cette situation doit conduire à reconnaitre les savoirs et les traditions autochtones qui peuvent apporter des réponses efficaces et utiles face à ces drames, a-t-elle soutenu.  Elle a demandé que des autochtones soient représentés dans des mécanismes onusiens discutant des questions qui les préoccupent, et qu’une place importante soit accordée aux femmes autochtones, en particulier.  Selon elle, l’Instance doit aussi continuer à veiller à la reconnaissance, par les États, du principe de consentement préalable, donné librement et en connaissance de causedes autochtones.  Elle s’est enfin félicitée de la création de la Journée internationale de la Terre nourricière.

M. ZHOU NING YU (Chine) a indiqué avoir des commentaires à faire sur le rapport très complet qui a été présenté et qui contient de recommandations utiles.  Toutefois, ce rapport, s’il indique à plusieurs reprises que la Chine encourage l’éducation dans plusieurs régions peuplées de minorités, manque d’informations actualisées et, par conséquent, plus exactes.  Ce document nécessite une mise à jour si l’on veut tirer parti de l’expérience acquise.  La délégation chinoise espère qu’il sera tenu compte de cette observation.

Mme VICTORIA TAULI-CORPUZ, Présidente de l’Instance permanente, rappelle que les membres de l’Instance compléteront leurs prochains rapports en faisant des demandes supplémentaires d’informations auprès des États Membres, comme cela a déjà été convenu.

M. CARLOS MAMANI CONDORI, Membre de l’Instance permanente, a fait un compte rendu sur la situation du peuple guarani dans la région du Chaco, au Paraguay et en Bolivie, évoquant une situation de quasi-esclavage.  Une mission s’est rendue sur place à l’invitation des deux Gouvernements entre le 25 avril et le 5 mai.  Celle-ci a constaté que la situation des Guaranis peut être qualifiée de « grave, voire de très grave », a-t-il affirmé.  Il s’agit d’une nation captive dans les deux pays, a-t-il dit.  Il a évoqué la présence d’une colonie mennonite qui prospère dans la région, qui contrôle le Gouvernement régional, mais qui, dans le même temps, maintient les autochtones en état de servage.  Cette colonie ne reconnaît pas les droits des Guaranis, a-t-il dénoncé.  Dans le cas de la Bolivie, ils ont subi une guerre d’extermination au XIXe siècle, a-t-il rappelé, et les survivants ont été réduits en esclavage.  Malgré un tableau aussi sombre, il faut reconnaître qu’aujourd’hui les deux États « font du bon travail » pour reconnaître les droits des peuples autochtones en général, et ceux du peuple guarani en particulier, a-t-il observé.  Le Gouvernement bolivien en particulier s’est engagé à octroyer une constitution aux Guaranis et à reconnaître leurs droits historiques.

M. BARTOLOMÉ CLAVERO SALVADOR, Membre de l’Instance permanente, a fait pour sa part un compte rendu du rapport consacré à la situation des Guaranis au Paraguay.  Il a appelé à ce que toutes les recommandations faites dans le rapport soient appliquées.  En particulier, les employeurs recourant au travail forcé doivent être poursuivis en justice.  En outre, les terres des individus soumis au travail forcé doivent leur être restituées.  Les policiers et les magistrats de la région du Chaco doivent recevoir une formation en matière de droits de l’homme, stipule aussi l’une des recommandations du rapport, tandis que les populations doivent bénéficier d’une aide juridique.  M. Clavero Salvador a aussi indiqué que la mission avait suggéré au Gouvernement paraguayen de mettre en place une institution spécifique chargée des peuples autochtones.  Elle lui a aussi recommandé de procéder à un recensement des terres du département du Chaco afin de déterminer la légitimité des titres de propriété.  « Le fardeau de la preuve doit revenir à la partie non autochtone », a-t-il souligné.  Elle recommande aussi l’ouverture de négociations entre les représentants des autochtones et la communauté mennonite, ainsi qu’avec les éleveurs de bétail.  La discrimination institutionnalisée envers les autochtones doit aussi être abolie, en particulier dans les services sociaux et de santé, a-t-il dit.  Il faut envisager de promouvoir un programme transfrontalier en leur faveur.  Enfin, a-t-il conclu, les obligations au titre du droit international –Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et Déclaration sur les droits des peuples autochtones en premier lieu- doivent être appliquées par le Paraguay, notamment pour mettre un terme au travail forcé.  Le Rapporteur a appelé les organisations humanitaires et les agences de l’ONU à apporter leur assistance aux autochtones.

M. LARS ANDERS-BAER, Membre de l’Instance permanente, a présenté le rapport sur la Bolivie, en recommandant à cet État de prendre un certain nombre de mesures au bénéfice des peuples autochtones.  L’État bolivien doit respecter le consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause des autochtones, a-t-il dit.  Il doit aussi, selon lui, mettre fin au travail forcé qui touche ces populations autochtones.  La Bolivie doit également lutter contre le travail des enfants.  Les auteurs du rapport ont ainsi souhaité que soit renforcée la présence étatique dans les zones concernées par ce phénomène et qu’y soient envoyés des médiateurs.  Les auteurs du document estiment aussi que pour améliorer les conditions de sécurité des travailleurs autochtones, le Gouvernement doit former plus d’inspecteurs de travail.

Le système de justice doit être amélioré, afin de rendre effectif la libre circulation des autochtones et de lutter contre les conflits qui éclatent entre les clans, a-t-il poursuivi.  Par ailleurs, les procureurs doivent, sans tarder, sanctionner les discriminations et les violations des droits constatées contre le peuple guarani.  Concernant le droit foncier, les auteurs du rapport demandent à l’Instance permanente d’inviter la Bolivie à reconnaître les droits de propriété des Guaranis sur leurs terres.  Les politiques consacrées aux Guaranis, disent–ils, devraient aussi être examinées au plan régional car ce peuple est présent dans trois États de la région.

M. PABLO SOLÓN-ROMERO (Bolivie) a souligné l’importance de la mission de l’Instance concernant les communautés « captives ou esclaves » du pays.  Il a indiqué que si la Constitution de son pays traitait théoriquement de cette question, les populations captives du Chaco étaient une réalité criante.  Ce phénomène est « un résidu » de la discrimination raciale enracinée dans le passé.  Il s’est félicité des recommandations de la mission, assurant que celles-ci seraient étudiées de près avant leur éventuelle mise en œuvre.  Ce n’est qu’en reconnaissant le phénomène des communautés captives que l’on peut lutter contre ce phénomène, a-t-il reconnu.  Toute forme de travail captif est absolument interdite sur le territoire de la Bolivie, a-t-il conclu.

M. HIPOLITO ACEVEI, de Coordination pour l’autodétermination des peuples autochtones, a indiqué que son pays, le Paraguay, avait ratifié la Convention 169 de l’OIT.  Malgré cela, les autorités régionales ont longtemps affirmé qu’elles ignoraient tout du phénomène du travail forcé.  Les Gouvernements antérieurs, en outre, n’avaient guère le souci du respect des droits des populations autochtones, a-t-il rappelé.  L’évolution politique du pays est néanmoins source d’espoir, comme la mission a pu s’en rendre compte, a-t-il constaté.  L’orateur a enfin exprimé son espoir que la recherche de la dignité des travailleurs resterait, dans l’avenir, une des grandes priorités des autorités de son pays.

Mme JUSTA CABRERA DE FLORES, de Peuple guarani de Bolivie, a expliqué que, pendant des années, son peuple avait été à la fois esclave et l’objet de multiples discriminations.  Elle a dit appartenir aussi à une famille d’esclaves qui était au service de grands propriétaires terriens en Bolivie.  Selon elle, beaucoup de personnes sont restées dans son pays en 1825 et ne considèrent pas la Bolivie comme un pays ethniquement diverse.  Le Président bolivien actuel a soutenu la Déclaration de 2007 qui a été intégrée au corpus juridique interne et demande maintenant à être mise en œuvre.  Mais, en dépit des progrès réalisés en Bolivie, les discriminations contre son peuple persistent, a-t-elle affirmé.  Chez certains Guaranis, l’esclavage physique a cédé la place à l’esclavage psychologique, a-t-elle souligné, condamnant l’expression « nos autochtones » que l’on entend trop souvent, selon elle, en Bolivie.

Mme ELISA CANQUI MOLLO, Membre de l’Instance permanente, a décrit les conditions d’emploi de certaines communautés autochtones en Bolivie.  C’est un système de travail non rémunéré.  Les autochtones sont logés et travaillent pour un tiers, sans rien avoir en contrepartie, a-t-elle expliqué.  Ce système d’exploitation ne date pas d’aujourd’hui, et, depuis 2000, les acteurs locaux réclament que l’on s’y attaque, a-t-elle dit.  Le moment est favorable, a-t-elle souligné.

M. HASSAN ID BALKASSM, Membre de l’Instance permanente, a salué le combat mené par le peuple guarani, avant de se féliciter de la transposition en droit interne bolivien de la Déclaration de 2007.  La coopération entre l’Instance et l’État de Bolivie doit continuer afin d’éviter de laisser le peuple guarani perdurer dans ses difficultés, a-t-il estimé.

ORDRE DU JOUR PROVISOIRE DE LA NEUVIÈME SESSION DE L’INSTANCE PERMANENTE

Déclarations

M. MICK DODSON, Membre de l’Instance permanente, a énuméré les points de l’ordre du jour provisoire de la prochaine session.  Il a remarqué que certains membres avaient souhaité qu’une réunion entière soit consacrée au point 4 (droits de l’homme) et qu’une demi-journée soit consacrée à la situation en Amérique du Nord, Mexique non compris.

M. STEDMAN FAGOTH (Nicaragua) a demandé l’inclusion d’un point sur la sécurité alimentaire des peuples autochtones.  Il a souhaité aussi que l’on puisse discuter plus avant des engagements des gouvernements au titre du Protocole de Kyoto.  Par ailleurs, la réduction du temps de parole de trois à deux minutes ayant considérablement limité la possibilité d’expression de certains, l’orateur a suggéré que l’on augmente la durée des séances.  Il a enfin invité les participants à visiter son pays, un point de vue extérieur étant aussi susceptible d’aider les Nicaraguayens à progresser, a-t-il observé.  Évoquant les doutes de certains quant à la situation en Bolivie, il a invité les participants à se faire une opinion éclairée en se rendant sur place.

Mme ANGELICA SARZURY, de CONAMAQ, a souligné l’importance de l’expérience accumulée par son organisation, en particulier dans l’autogestion des terres en Bolivie.  Elle a exprimé la crainte que ne se produise une « intervention » comme cela a eu lieu dans la région des Tierras Bajas. On cherche à nous diviser mais on n’y parviendra pas, a-t-elle assuré.

M. LES MALEZER, du Conseil national autochtone d’Australie, a estimé que l’Instance permanente devrait toujours entendre les problèmes généraux présentés par les participants, car c’est aussi sa raison d’être.  Il s’est félicité des dialogues qui ont eu lieu avec les agences des Nations Unies, en proposant que l’on accorde, à l’avenir, plus de temps de parole aux participants.  Constatant l’avancée des travaux de rénovation qui rendront le Siège des Nations « très peu fonctionnel » l’an prochain, il a proposé que la prochaine session de l’Instance se tienne dans l’hémisphère du Sud.

M. WILLIAM CHELA, des Églises évangéliques des peuples autochtones, a demandé que l’on s’attaque aux changements climatiques dont les répercussions sont lourdes sur les communautés autochtones.  Il a proposé que la prochaine session se penche sur les droits des femmes qui constituent le noyau de la famille.  Il faudra aussi examiner les questions de la migration et du racisme contre les autochtones, a-t-il conclu.

M. TOMAS ALARCON, de la Commission juridique pour l’autodéveloppement des peuples andins d’origine (CAPAJ), a rappelé, qu’en 2007, des centaines d’organisations non gouvernementales (ONG) d’autochtones avaient réclamé, sans obtenir gain de cause, l’inscription d’un point concernant le problème de l’eau dans les discussions de cette instance.  C’est un point qui doit être intégré aux débats sur les changements climatiques, a-t-il indiqué.  Il a réitéré leur demande de voir créé un poste de rapporteur spécial sur l’eau au sein de cette instance.  Il a appelé les participants à participer au prochain Forum mondial autochtone de l’eau qui aura lieu au lac sacré des Incas.

Mme AUDREY HOC, d’Autonomia Eraiki, a proposé la mise en place d’une thématique consacrée aux langues autochtones.  Elle a émis l’espoir d’une meilleure représentation des peuples autochtones, réclamant une demi-journée supplémentaire qui serait consacrée à la région Europe de l’Ouest, afin d’envisager la nomination d’un expert autochtone.  L’oratrice a appelé au « dialogue plutôt qu’à la confrontation », déplorant « la discrimination dont nous sommes victimes au sein même de l’Instance », ainsi que l’impossibilité de dialoguer.  Elle s’est insurgée contre un « commentaire déplacé et hors contexte » lors de la traduction de son intervention de la veille.  « Nous demandons à être respectés en tant que peuples », a-t-elle conclu.

Mme LORI JOHNSTON, de Peuple yamasi, a demandé qu’une demi-journée soit consacrée aux peuples non représentés, citant les peuples du sud-est de l’Amérique du Nord.  Elle a mis en cause les persécutions dont ils sont victimes, alors que leur culture est l’objet de commercialisation dans le même temps.  Elle a réclamé le droit de vivre sur une terre saine et de pratiquer la chasse et la pêche.  Les États-Unis continuent de propager le message selon lequel il n’y aurait plus d’autochtones dans le sud-est, ce qui est inexact, selon l’oratrice.  Celle-ci a mis en cause les atteintes à l’écologie, et a réclamé la reconnaissance des connaissances autochtones.  Elle s’est insurgée contre la négation de l’existence des peuples autochtones.

Droits de réponse

M. SONGKAN LUANGMUNINTHONE (République populaire démocratique lao) a indiqué que son gouvernement faisait le maximum pour faire respecter les droits de toutes les ethnies.  Tous bénéficient de droits égaux sans discrimination et sont devenus les véritables maîtres du pays, selon lui.  À la suite de cette politique « juste et équitable », la vie des groupes ethniques, les Hmongs en particulier, s’est grandement améliorée.  Ceux-ci représentent 9% des membres du Parlement, a-t-il précisé, et 5% de ceux du Gouvernement.  Toutefois, des groupes émigrés depuis plus de 30 ans, ne connaissant pas la situation à l’intérieur du pays, mènent une campagne négative, a-t-il déploré.  Il a indiqué, par ailleurs, que les personnes rapatriées avaient été placées dans des « villages de réinstallation », ce que plusieurs instances internationales et délégations étrangères ont pu constater par elles-mêmes, et ce qui prouve la transparence dont fait preuve le Gouvernement lao, selon l’orateur.  Celui-ci a démenti toute pratique discriminatoire.  En conclusion, il a demandé à l’Instance de se montrer plus prudente et plus transparente dans son choix des participants.

Exerçant son droit de réponse, M. Jorge TAGLE (Chili) a réaffirmé l’engagement du Chili à procéder à la mise en œuvre de la Convention 169 de l’OIT qu’il a récemment ratifiée.  Il a aussi fait part de la détermination de son gouvernement à lutter contre toutes les discriminations que subissent les peuples autochtones au Chili.

Déclarations (suite)

Pour M. MIGUEL IBAÑEZ, de la Communauté paysanne de Tauría, il convient d’améliorer les règles de participation des dirigeants des peuples autochtones et de leur offrir un temps de parole plus conséquent.  Il a, par ailleurs, regretté le fait que certains participants n’aient pas eu l’occasion de partager leur opinion durant cette session.

M. BARTOLOMÉ CLAVERO SALVADOR, Membre de l’Instance permanente, a estimé que le représentant du Chili avait oublié de signaler que la ratification de la Convention 169 par son gouvernement avait entraîné des conflits entre les communautés autochtones.  En effet, a-t-il dit, ce processus s’accompagnait de reformes constitutionnelles qui violaient les droits traditionnels de ces peuples et mettaient en concurrence leurs droits de propriété.

M. GERSON KAMATUKA (Namibie) a proposé d’inscrire un point à l’ordre du jour de la neuvième session qui consisterait à examiner les meilleures pratiques des différents États Membres.  « Nous pouvons apprendre les uns des autres », a-t-il relevé.  Il a rappelé que l’article 32 de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones mettant l’accent sur le développement, par « la mise en valeur et l’utilisation de leurs terres », l’Instance devrait donner la priorité absolue à cette question.  Par ailleurs, M. Kamatuka a proposé que l’Instance décerne un prix pour le meilleur projet concernant les peuples autochtones.

M. MICHAL PAUL HILL, de la Tribu apache du Texas, a expliqué que la poursuite des activités minières extractives dans la région où est installé son peuple allait bouleverser son cadre de vie.  Cette exploitation, a-t-il dit, n’est pas conforme aux modes de vie des populations autochtones.  Il a indiqué que ses ancêtres avaient très tôt compris la dangerosité des industries minières et s’étaient attelés à les combattre.  Il a également souligné l’importance de la préservation des écosystèmes qui sont fondamentaux dans l’existence des autochtones.  Peu importe l’endroit où il vit sur la terre, l’être humain est intimement lié à cet écosystème, a-t-il poursuivi, en regrettant sa détérioration permanente.  Il a expliqué que depuis des décennies, l’écosystème des Apaches et autres populations autochtones de la région subissait des destructions, entraînant ainsi la pollution de l’eau, la rareté des produits alimentaires et des difficultés à mener des activités agricoles.  Il a affirmé que le projet de construction d’une mine sur leur territoire aura un impact négatif sur leurs traditions et leurs savoirs ancestraux.  Il a souhaité que le Gouvernement fédéral américain enquête sur l’impact écologique de ce projet.

M. JAVIER BARRIOS, du Bureau communautaire des peuples almirantes d’Argentine, a détaillé les dommages irréversibles causés, selon lui, aux territoires des peuples autochtones par les changements climatiques.  Il a affirmé que cette situation risquait de perdurer si aucune réponse collective efficace n’était apportée.  Il a appelé l’Instance permanente à examiner la question de l’eau dans le cadre de ses futurs travaux.  Puis, il a plaidé pour la reconnaissance de la justice autochtone.  Il faut amener les gouvernements à respecter ce droit coutumier, a-t-il dit.

M. EGBERTO TABO CHIPUNAVI, Organisations autochtones du bassin de l’Amazonie (COICA), a demandé à ce que les experts se penchent sur les questions les plus cruciales et a constaté que certaines populations n’étaient pas contactées.  Il a relevé une très faible participation des femmes amazoniennes.  Il a souhaité que ceux qui sont touchés par les questions les plus cruciales ne soient pas exclus. Il a rappelé que les problèmes posés par l’extraction pétrolière ou la monoculture étaient fondamentaux, espérant que des représentants de la Banque mondiale soient invités lors de la prochaine session.  La Banque mondiale doit revoir ses politiques, a-t-il souligné.

Mme VICTORIA TAULI-CORPUZ, Présidente de l’Instance permanente, a reconnu que se posait un problème d’information concernant les femmes d’Amazonie, par exemple.  Concernant la Banque mondiale, elle a attiré l’attention de l’orateur sur le fait que des représentants de cette institution avaient suivi les débats dans la salle.

M. KENNETH DEAR, de Nation Mohawk de Kanawake, a souligné que l’Instance permanente n’avait bénéficié que de neuf jours ouvrables et a exprimé le souhait qu’elle puisse avoir 10 jours l’année prochaine.

La Présidente de l’Instance a souligné qu’aucun jour férié ne figurait dans le calendrier de la neuvième session.

Mme CHARMAINE WHITE FACE, des Autochtones du Canada et d’Amérique du Nord, a dénoncé l’exploitation de l’uranium et l’industrie nucléaire pour ses retombées environnementales.

Mme DELOIS BLAKELY, de New Future Foundation, a dénoncé la guerre des rues à New York qui s’explique par le fait, selon elle, que les jeunes qui s’y livrent « ne savent pas qui ils sont ».  Elle a appelé à « la mémoire permanente » des autochtones et suggéré que ces jeunes noirs, issus des « Africains déplacés », aillent en Afrique pour y retrouver leurs racines.

Mme ELEANOR DICTAAN-BANG-OA, du Réseau asiatique des femmes autochtones, a expliqué que les peuples autochtones d’Asie étaient victimes de discriminations permanentes et devaient faire face à des déplacements récurrents, loin de leurs propres territoires.  Elle a affirmé qu’ils n’avaient pas « droit à une vie digne ».  Elle a ensuite appelé les États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) à tous adopter la Déclaration sur les droits des peuples autochtones.  Elle a estimé qu’il fallait non seulement veiller à accroître la participation des autochtones au sein des débats les concernant, mais aussi renforcer la présence des femmes dans les discussions sur les questions sociales, économiques et sécuritaires.  Elle a également appelé les nations de l’ANASE à mettre fin aux discriminations à l’encontre des peuples autochtones d’Asie.

Mme NINA SUSANA SETRA, de l’Alliance AMAN, a attiré l’attention sur la situation difficile des autochtones face aux industries extractives minières, en mettant en exergue les pressions exercées sur eux.  Elle a aussi dénoncé les accords passés par le Gouvernement indonésien avec les acteurs privés et qui ne tiennent pas compte des intérêts des autochtones.  Mme Setra a demandé par ailleurs aux Pays-Bas de restituer le contrat de concession numéro 1884-0892 qui touche 77 villages du sud de Sumatra et qui a été signé sous la période coloniale.  Ce contrat affirme les droits de propriété des autochtones sur leurs terres, a-t-elle expliqué.

M. RAPHAEL THANGMAWIA, de l’Organisation pour la réunification, a expliqué que les autochtones dans son pays avaient subi de graves discriminations depuis la période de domination coloniale.  Aujourd’hui, ce peuple qui se trouve aux confins du Myanmar et du Bangladesh se bat pour sa réunification, a-t-il expliqué.  Il a demandé à l’Instance permanente d’agir pour l’adoption de la Déclaration de 2007 par tous les États de la planète, afin que les peuples autochtones du monde puissent bénéficier de leurs droits.  Pour lutter contre les changements climatiques et la pollution, il a estimé qu’il fallait restaurer les cadres de vie autochtone dans leur état naturel.

M. Tomas Alarcon, qui s’exprimait au nom de M. TUPAC ENRIQUE, de Tonatierra, a évoqué l’afflux de migrants dans le sud des États-Unis, soulignant qu’il s’agissait bien souvent d’autochtones mais qui ne sont toutefois pas considérés comme tels.  L’orateur a demandé qu’ils soient inclus dans le chapitre lié aux migrants et qu’on leur consacre une demi-journée de débats à la prochaine session.  Ils ne bénéficient pas d’une protection adéquate, a-t-il constaté.

Le représentant de Nation Mohawk de Kanawake, a rappelé que le peuple mohawk était divisé par une frontière internationale, celle séparant le Canada des États-Unis.  Les Mohawks s’opposent à ce que les gardes-frontières soient armés, comme cela est actuellement envisagé, et souhaitent l’ouverture de négociations à ce sujet avec les autorités canadiennes et américaines.  L’orateur a fait part des risques d’accident, rappelant que 70% des personnes franchissant la frontière dans ce secteur étaient des Mohawks.

Mme TONYA GONELLA FRICHNER, Membre de l’Instance permanente, a souligné que l’immense majorité de ces 70% d’usagers mohawks de la frontière le faisaient pour des activités ordinaires.  Elle s’est engagée à se pencher de près sur le dossier, se disant très inquiète de l’armement des gardes-frontières, et dénonçant une « atmosphère de Far-West ».  Elle a notamment cité le cas d’un shérif local qui choisissait ses adjoints parmi des citoyens ordinaires, abus qui a été dénoncé par le « New York Times » et auquel il a été mis un terme, a-t-elle rappelé.

La Présidente de l’Instance permanente, Mme TauliCorpuz, a rappelé que la liberté de déplacement était l’une des libertés auxquelles la plupart des peuples autochtones étaient le plus attachés.  Elle a rappelé à l’assistance que le temps pressait pour l’examen des recommandations, et a proposé de lever la séance afin que l’Instance puisse en débattre pour les adopter demain.  Elle a rappelé que l’unanimité s’imposait pour l’adoption des recommandations finales et que, par conséquent, du temps était nécessaire pour se mettre d’accord d’ici demain soir.

Droit de réponse

Mme GRATA ENDAH WERDANINGTYAS (Indonésie) a réitéré la détermination de son gouvernement à accorder à tous les citoyens du pays la jouissance de leurs droits.  Puis, elle a appelé les représentants des organisations autochtones indonésiennes présents à cette session à entamer une collaboration avec le Gouvernement, ce partenariat devant permettre d’arriver à la réalisation des demandes et recommandations qu’ils ont formulées.

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