L’UNION DES FORCES DE PROGRÉS

Suite à la prise de position publique d’Autonomia Eraiki relative aux diverses arrestations qui se sont produites en Iparralde ces jours derniers, nous avons rencontré un porte parole d’Autonomia Eraiki pour faire le point.

Autonomia Eraiki s’est présenté depuis sa création voilà plus d’un an et demi comme un mouvement essentiellement centré sur la socialisation du concept d’autonomie pour Iparralde. Aujourd’hui vous apportez votre soutien aux militant(e)s touché(e)s par la répression. Est-ce la marque d’une évolution d’Autonomia Eraiki dans son objet social ?

Il y a des moments dans la vie politique des peuples où l’unité nationale doit prendre corps. Nous avons vécu ces jours derniers un de ces moments. Face à une agression caractérisée de l’Etat français – au travers de son appareil policier et judiciaire -, contre une partie de la gauche abertzale, il fallait réagir. Nous constatons que beaucoup l’ont fait. C’est heureux et salutaire. Autonomia Eraiki s’est naturellement solidarisé.

Nous qui sommes engagés dans l’action politique, sociale, culturelle en Iparralde, rencontrons tous les jours les personnes qui ont été mises en cause ces jours-ci. Ils/elles sont des abertzale au service d’une cause, celle de la libération nationale et sociale d’Euskal herri. Nous avons pour tronc commun cet objectif de Libération.

Quel sens avez-vous donné à votre solidarité à l’égard de ces militant(e)s ?

Bien évidemment, une solidarité tout d’abord naturelle. De celle que l’on adresse à celles et ceux qui sont frappés par l’arbitraire, la force brutale de l’Etat. Nombre d’entre nous avons déjà vécu de telles situations, et nous savons combien ces événements sont terribles pour les militant(e)s concerné(e)s et leur famille. Mais notre solidarité était aussi et surtout basée sur le plan de la réaction à une atteinte gravissime à des droits fondamentaux. Paris a tenté d’entrer dans un cycle infernal, dangereusement liberticide. Il s’agissait ni plus ni moins que de faire taire l’expression politique d’une partie de la population de notre pays. Une expression politique démocratique. Nous sommes arrivés là à un tournant de la logique répressive de l’Etat. Ne pas réagir, laisser faire, serait nous laisser nous entraîner dans une spirale mortifère. Celle qui nous mènerait à une société dénuée de toute opposition, de toute force de contestation. En s’attaquant à Batasuna, l’Etat français a lancé un ballon d’essai, un « coup pour voir ». Paris a tenté de voir jusqu’où il pouvait aller, quel était notre degré d’acceptation d’une mesure répressive imposée. La réaction a été globalement bonne. On peut dire que nous avons mesuré la juste mesure de l’agression, les enjeux et que notre réponse a été à la hauteur de l’attaque.

Au-delà du cas des militant(e)s malmené(e)s, d’un parti politique agressé, c’est bien à des piliers d’un fonctionnement démocratique que l’Etat s’est attaqué. C’est extrêmement grave. Il nous faut être vigilant, plus que jamais. Il se confirme que nombre d’Etats dits démocratiques sont entrain de vouloir nous dessiner un monde réellement antidémocratique, attentatoire aux libertés individuelles et collectives. Il nous faut être terriblement vigilants, sans quoi nous aurons vite fait de plonger dans un monde où le mot liberté ne sera plus qu’un souvenir du temps passé, un idéal éteint.

A court terme, quel avenir ?

Travailler, travailler et encore travailler. Ne pas se perdre dans des discours ou des actions stériles et sans avenir. L’autonomie, sur le plan institutionnel, s’impose de plus en plus dans l’espace européen comme la clé de la construction de l’espace commun. Il nous faut nous emparer de cela et être les artisans besogneux de la construction nationale basée sur cette idée d’autonomie. Autonomia Eraiki inscrit son action dans cet objectif. Ceci dans une dynamique de rassemblement. Car ce n’est qu’unis que nous avancerons. Ce n’est qu’unis que notre projet se développera et touchera toujours plus de consciences et donc d’adhésions. Ce n’est qu’unis et par notre exemplarité – individuelle et collective – que nous continuerons à tracer ce sillon qui nous permettra de trouver notre juste place au sein de l’Europe en construction. Sans oublier, que notre projet politique inclut un projet social tournant définitivement le dos à celui qui domine le monde actuellement et cause tant de malheurs, tant de misère, tant d’injustice

Peut-on dire que ces événements récents ont renforcé la gauche abertzale en Iparralde ?

Ces événements ont permis de mettre clairement en lumière que l’Etat français ne recule devant aucun stratagème pour tenter de salir les militant(e)s et les structures s’opposant à sa politique. Mais cette fois-ci, la solidarité s’est élargie, les lignes ont bougé, des composantes politiques, sociales, nouvelles ont réagi. Les observateurs, et en premier lieu les initiateurs de ces opérations politico-judiciaires, ont bien mesuré ce phénomène de contamination de la solidarité. En cela, on peut dire que ces jours de tension ont été en fin de compte profitables à la gauche abertzale, toutes tendances confondues. Mais la partie n’est pas finie. Nous savons combien nos adversaires sont retors, et qu’ils essaieront rapidement de trouver un nouvel angle d’attaque.

Quant à nous, Abertzale, il nous faut continuer à travailler cette idée – si simple à évoquer et si difficile à réaliser- : l’union des forces de progrès. Sans quoi nous ne parviendrons pas à atteindre nos objectifs. Et c’est de survie qu’il s’agit pour nous. Rien de moins. Nous ne pouvons plus nous payer le luxe de la désunion, des clivages, de la « guerre de clochers », ou des petits chefs. Tout simplement car tous les indicateurs sont au rouge en ce qui concerne les éléments de mesure de notre « existence collective », de notre survie identitaire. Plus nous tarderons à trouver ce point d’équilibre et de responsabilité et plus nos chances de sortir de l’ornière diminueront. Nous sommes véritablement dans une situation d’urgence !

Un commentaire pour “L’UNION DES FORCES DE PROGRÉS”

  1. Parler d’union mais union de quoi pour faire quoi?

    Franchement toutes les composantes du mvt abertzale sont d’accord sur les éléments à sauver pour assurer nôtre survie

    La terre qui doit nous appartenir
    la langue que l’on doit sauver.(un peuple sans langue n’existe pas)
    L’autonomie que l’on doit obtenir(pour nous mais aussi pour d’autres collectivités du territoire français car c’est un moyen moderne de gérer un pays)

    Alors je voudrai que l’on m’explique pourquoi aujourd’hui aprés des années de politique active, respectable (des élus dans les conseils municipaux,des maires ,un conseiller général,des membres du conseil de la langue,des membres du conseil de développement,peut être d’autres serviteurs que j’aurais oublié) la situation est aussi catastrophique.

    N’as-t-on pas oublié l’essentiel ???
    N’avons nous pas été berné par un état qui nous a divisé pour mieux régner?
    N’avons nous pas été acheté par un état qui a distribué quelques subsides pour nos écoles nôtre culture nôtre économie qui a créé des postes de fonctionnaires pour certains!

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