LA CRIMEE

800px-flag_of_crimeasvgLe statut d’autonomie le plus poussé qui soit sera inopérant pour défendre et développer les intérêts nationaux d’un peuple devenu minoritaire sur sa propre terre. C’est la triste conclusion à laquelle on aboutit à la lumière de la tragédie vécue par les Tatars de Crimée. Ce peuple de langue altaïque a été, tour à tour, victime de l’expansionisme impérial russe, de l’assimilation forcée soviétique, de l’occupation allemande nazie, des déportations staliniennes massives, des luttes d’influence géopolitiques entre la Russie et l’Ukraine pour se retrouver à l’heure actuelle dans une situation de minorité luttant pour sa simple survie matérielle dans une entité autonome à majorité russe dans la République d’Ukraine. On conviendra que ce n’est pas un parcours enviable et s’il fallait n’en retenir qu’une seule leçon, ce serait qu’un peuple qui perd son identité culturelle – dont le vecteur premier est la langue – est exposé à subir la loi des autres sur sa terre originelle. Une perspective à laquelle les basques, d’origine et d’adoption, qui vivons sur les trois provinces du nord nous n’aurons la possibilité d’échapper qu’en recouvrant la plénitude de nos droits politiques et qu’en ayant en main les moyens institutionnels pour faire nos choix et pour conduire nos affaires. Cela s’appelle l’autonomie… mais encore faudrait-il que ce soit la notre ! (suite…)

LA GAGAOUZIE : UNE AUTONOMIE DANS L’ETAT MOLDAVE

La Gagaouzie : une autonomie dans l’état moldave

415455722Le colonialisme et l’impérialisme ont façonné, pour leur malheur, les destinées de bien des peu- ples à travers le monde. Chacun est conscient que la constitution des empires, au sens monarchi- que ou non, a été le tombeau des libertés collectives de tant et tant d’ethnies. Ce dont on a moins connaissance, c’est que l’éclatement de ces empires a pu donner naissance à d’autres situations d’assujétissement. Ainsi, la désintégration de l’Union Soviétique a permis l’accession à la souveraineté de la Moldavie dont la majorité de la population est de langue roumaine. Ce processus de désagrégation-reconstrution a pris au piége un peuple de langue altaïque, donc distinct du groupe linguistique majoritaire de la Moldavie : les gagaouzes. (suite…)

LES ILES ALAND – AHVENANMAA

Les Îles Åland – Ahvenanmaa

1970173899Le 26 avril de cette année avait eu lieu à Bayonne, à l’initiative de Batasuna, une conférence sur le territoire d’Aland et son statut d’autonomie dans l’ensemble finlandais. La députée au Parle- ment de la Finlande, Elisabeth Naucler, avait fait découvrir à l’auditoire un statut particulier et intéressant. L’article que nous reproduisons ci-après détaille certains des aspects les plus importants de cette configuration institutionnelle. L’autonomie des Iles Åland comporte ainsi un dispositif tout à fait particulier que l’on peut qualifier de politique d’unilinguisme car il consacre la primauté de la langue suédoise parlée par l´écrasante majorité des habitants de l’archipel. Cet aspect est développé dans le site en langue française dont nous vous donnons la référence en citation des sources. (suite…)

LE VAL D’AOSTE

800px-flag_of_valle_daostasvgLe Val d’Aoste constitue sans doute la plus petite communauté autonome d’Europe occidentale, que ce soit en terme de superficie territoriale – 3.300 Km2 – que de population – 126.000 habitants. Son organisation en région autonome est concomitante à la naissance de la République italienne, succédant au régime fasciste qui avait tout tenté pour éradiquer la spécificité valdotaine. (suite…)

LES ILES FEROE : UNE AUTONOMIE DANOISE NON INTEGREE A LA CEE

532px-coat_of_arms_of_the_faroe_islandssvgLes pays de l’Europe du Nord ont des traditions de fonctionnement démocratique avec lesquelles des Etat-nations comme la France, l’Espagne ou la Grande-Bretagne ont bien du mal à supporter la comparaison. Ainsi, le Danemark a non seulement concédé une large autonomie aux Iles Féroé, mais Copenhague a, en outre, accepté que ce territoire insulaire peuplé par 47.700 iliens ne soit pas intégré dans l’Union européenne. En conséquence, les autorités Féroïennes (ou Féringiennes) n’ont pas à appliquer les régles communautaires, alors même que leur État de tutelle est membre de l’UE. Sans entrer dans un débat sur les avantages ou inconvénients de cette singularité, ce cas de figure est très intéressant à observer, en ce sens que la liberté de choix dont dispose les Iles Féroé se rapproche davantage d’un statut confédéral que fédéral. En effet, seule une entité indépendante peut, en théorie, bénéficier d’un tel niveau d’autodétermination. Il y a là matière à réfléchir pour le devenir institutionnel du Pays Basque – considéré dans chacune de ses différences statutaires actuelles comme dans son ensemble – et pour la configuration européenne dans laquelle Euskal Herria aurait volonté à s’inscrire. Car, quoiqu’en dise les europhiles les plus fervents, l’Union européenne est bien davantage aujourd’hui une véritable usine à gaz et un outil taillé sur mesure pour les marchants de tout poil qu’un espace de fonctionnement démocratique et solidaire. (suite…)