LE RAT QUÊTE

« J’aime pas la campagne, j’aime pas la ville » comme le dit cette chanson idiote babillée par je ne sais quel chanteur insipide. En fait, moi, je n’aime pas Les campagnes, enfin certaines campagnes. Au fait, pourquoi de simples initiatives sont dénommées campagnes, pourquoi dit-on battre la campane comme on dirait battre sa femme, battre ses gosses ou s’en battre les c… Ouille ! Là je vais me faire des ennemies. Mais c’est vrai quoi ! Dénommer campagnes électorales : foires aux mensonges et aux reniements ne serait-ce pas plus approprié ?! Campagne publicitaire : pollution sonore et visuelle, scierait mieux non ? Et : campagne de découverte des produits du terroir pour une agriculture maitrisée (avec seulement un p’tit chouia d’OGM !) par la FDSEA : pollution intellectuelle, sonore, visuelle ET olfactive serait nettement plus adéquate pour sur !. Et : campagne de soutien financier pour acheter au prix du marché immobilier une Kako-maison ou Kako-villa : racket, sonnerait plus juste non ? Non ? Ha bon !…Le dernier exemple crée un petit malaise Blaise? Parce que le racket serait, d’après le petit Robert, une extorsion d’argent par intimidation et violence. Mais le racket ne peut-il pas être une extorsion d’argent par l’affectivité et la violence de l’analyse de la situation : « Si tu ne payes pas, tu contribues à la Perte de Notre Patrimoine Collectif ! » Perte de Notre Patrimoine Collectif ! Putain avec autant de majuscules, c’est plus impressionnant qu’un 9mm chargé de balles dum-dum. (suite…)

LETTRE OUVERTE A CHRISTOPHE HONDELATTE

à l’ami qui nous a blessé,

Christophe,

L’amitié que je te porte m’au- torise voire m’oblige à t’adres- ser publiquement ces quelques lignes. Car elles font écho à une interview que tu as accor- dée au quotidien Sud-Ouest le 26 juillet dernier. Tu t’y es ex- primé comme tu en as l’habitu- de, c’est à dire avec une cer- taine liberté de ton. Mais cette fois-ci, tes propos ont blessé beaucoup de gens qui vivent au Pays basque.

Tu as évoqué en terme péjoratif la culture basque que tu affirmes aimer. Allant jusqu’à parler avec mépris des danses «historique- ment millimétrées», que tu considères comme dépassées à l’heure du rap. Nous sommes fiers, effectivement, d’avoir su garder des fondamentaux de notre culture, de les pratiquer, de les enseigner et de les transmettre aux générations à venir. Ils sont le terreau fertile d’une culture contemporaine d’une vivacité que beaucoup nous envient. De Niko Etxart à Mak en passant par Fermin Muguruza, pour le chant, à Koldo Zabala ou Zpeiz banako pour la danse, ou encore Burrunka pour ne citer qu’eux. La terre des Basques a produit quantité d’artistes qui ont toujours été en phase avec le présent et ce, dans le respect d’un passé qui les nourrie.

Repli nationaliste, enfermement, pas assez d’ouverture vis à vis des apports exogènes, pas de culture de l’accueil. Voilà quelques-unes des expressions que tu as employées pour caractériser les Bas- ques. Nous n’avons de leçon à recevoir de personne en matière d’accueil. Notre territoire est un territoire de passage, de rencon- tres. Naturellement. La géographie s’y prête. L’Histoire nous ensei- gne que s’il peut être évoqué un génie basque, il réside justement dans le fait que nous avons toujours su intégrer les populations exogènes. Tout en préservant nos racines.

Enfin, tu dis haïr le nationalisme basque. C’est là le vocabulaire stéréotypé de ceux qui rêvent justement d’en finir avec la langue et la culture basques. Sache tout d’abord que le mot nationalisme n’est pas un terme utilisé par ceux que visent tes propos. C’est de patriotisme qu’il s’agit («abertzalisme», de «abertzale», patriote). Il est la marque, en tout premier lieu, de l’attachement à des valeurs immatérielles, telles que la langue, la culture, un passé commun, un projet d’avenir collectif, une participation à la construction d’un monde meilleur, plus fraternel… le patriotisme basque est un idéal qui est l’empreinte locale d’une éternelle quête universelle, de liberté, d’équilibre.

Penses-tu que cette langue basque, cette culture, seraient aujourd’hui aussi vivantes s’ils n’y avaient pas eu des militant(e)s pour les sauvegarder, coûte que coûte ? Ceux que tu dis haïr, dans ce pays ne sont autres que ceux qui défendent le droit à la vie, et à la dignité de la langue et de la culture basques.

Christophe, la liberté à laquelle tu es attaché – et à laquelle je souscris sans réserve – ne t’autorise pas à user de ta popularité pour caricaturer et désinformer. Je te connais depuis longtemps, et je te sais capable de rassembler, plutôt que de diviser et à aider plutôt qu’à blesser. Je t’invite donc à emprunter également cette voie dans ta relation avec la terre qui t’a vu naître et à respecter toutes celles et ceux qui y vivent et y travaillent au quotidien.

Gabi Mouesca

RETOUR DE CORTE

L’heure de la refondation a sonné en Corse !

La délégation d’Autonomia Eraiki présente aux Ghjurnate Interna- ziunale de Corti composée de 4 militants a vécu un séjour riche en échanges et en apports de toutes natures pour poursuivre le com- bat. Comme toujours, l’organisation de ces journées internationa- listes a été une réussite, les Corses ayant un sens de l’accueil toujours aussi fort et généreux. Les délégations invitées logeaient dans la résidence universitaire de l’Université de Corti. Université qui est le fruit de la lutte du mouvement de libération Corse. Les débats se tenaient dans l’ancienne caserne de la légion étrangère… signe des temps meilleurs à venir, de la réappropriation par les Corses de leur territoire, petit bout par petit bout ? Les délégations provenaient de Kanaky, de Sardaigne, de Catalogne, et d’Euskal Herri, principalement. A noter qu’outre les membres d’Autonomia Eraiki, Euskal Herri était représentée par des membres de Bata- suna, d’Askatsuna et de Segi. Mais il y avait aussi, comme tous les ans, de nombreux jeunes Basques qui profitaient de leurs vacances en Corse pour passer par ces journées de Corti. (suite…)

HOMMAGE A HELETTE

Près de 400 personnes ont rendu hommage à Jean-Louis Larre dit Popo ce jeudi 7 août 2008 à Hélette en Pays basque nord pour le 25ème anniversaire de sa disparition. En cette occasion, Gabriel Mouesca a rappelé que ni ses camarades de lutte, ni ses amis, ni sa famille, ne renoncerons jamais à connaitre la vérité : notre Nun da Popo ? retentit désormais sur l’internet.
Familiers, amis, copains, camarades ou illustres inconnus, nous avons ouvert les commentaires sur le blog Nun da Popo ? afin que vous y laissiez votre témoignage personnel comme un cri de plus pour retrouver Popo.

TONALESTATE 2008

Autonomia Eraiki était invité début août en Italie pour prendre part à la semaine de conférences de Tonalestate, à Ponte di Legno. Ces conférences qui rassemblent tous les étés quelques centaines de personnes venues du monde entier avaient pour thème cette année, le multiculturalisme. Un thème décliné dans bien des domaines allant des religions à l’action syndicale, en passant par les luttes identitaires.

Des philosophes ont apporté leur éclairage, ainsi que des universi- taires de renom. Mais également des hauts dignitaires catholique (Cardinal Tauran), israélite (Rabbin Serfaty) et musulman (Dalil Boubakeur). Et enfin, des acteurs de terrain. Pour citer quelques noms : Michel Warschawski, journaliste de l’Alternative Information Centre de Tel-Aviv, Han Dong Fang, directeur du China Labour Bulletin de Hong Kong, Thokozani Khuphe, vice-présidente du Mouvement pour un changement démocratique, au Zimbabwe, Guido Barbera, président de la Coordination des initiatives popu- laires de solidarité internationales (Italie) ou Uri Avnery, fondateur du mouvement Gush Shalom à Tel Aviv. Et pour Autonomia Eraiki, Gabi Mouesca.

Tonalestate est un lieu où des rencontres improbables se produi- sent. Le cadre féerique des Alpes Italiennes (prés de 2500 mètres d’altitude), ou le sens de l’accueil de l’association organisatrice y sont probablement pour quelque chose. Grâce à une batterie de traducteur(trice)s, des Palestiniens échangent avec des Israéliens, des Italiens ou des Français avec des jeunes d’Equateur ou du Venezuela. Une représentante du gouvernement tchétchène en exil discute avec un avocat belge. Pas de journaliste. Probablement un des éléments expliquant aussi le caractère très particulier de cet événement annuel.

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