UN VOEU? JUSTICE !

éditorial d’Ekaitza n° 1109

Ce début d’année ne varie pas des précédents. Chacun y va de ses voeux et de ses bonnes résolutions. Le phénomène risque d’ailleurs de perdurer bien au-delà de la période de transition entre la vieille et la nouvelle année. Car voici venu le temps de la campagne électorale, qu’elle soit municipale ou cantonale. Dans un tel contexte –nous le savons–, nous allons récolter une profusion de promesses, toutes plus alléchantes les unes que les autres. Comme beaucoup, nous pourrions nous satisfaire de simples déclarations d’intention et de projets d’amélioration au rabais, sur fond d’espérance tant bien que mal entretenue par un populisme décomplexé. Mais nous ne mangeons –et ne mangerons– pas de ce pain-là. Que cela soit clair pour tous. Tout abertzale mû par un idéal de justice ne peut que se sentir révolté par la situation qui nous est imposée. Révolté de constater combien la négation de notre identité se trouve accompagnée, encouragée, renforcée par des leurres et des mises en scène grotesques. Le Projet Pays Basque 2020, qui sera validé d’ici peu, entre dans la catégorie de ces procédés révoltants. Tout comme on ne guérit pas un corps malade en lui prescrivant des placebos, on ne revitalisera pas Iparralde en lui concédant des ersatz d’institutions ou de structures spécieuses, mais bien en lui appliquant un traitement spécifique, adapté aux maux dont il souffre. Et nous sommes de plus en plus nombreux à penser que seule l’autonomie politique est de nature à nous éviter une mort programmée par les décideurs parisiens et leurs relais locaux. Alors trêve de discours et de raisonnements fallacieux. Pour les abertzale, 2008 s’inscrit dans une logique de lutte et de résistance. Il en va d’abord de notre dignité nationale. Il en va ensuite de notre refus de subir plus longtemps une société aussi inégalitaire. Il en va enfin de notre absolue volonté de voir cesser les souffrances quotidiennes infligées par les États français et espagnol aux centaines de nos compatriotes presos et à leurs familles, aux exilés, aux réfugiés pourchassés…

En 2008, nous affirmerons encore plus haut et fort notre volonté d’exister !

EKAITZA

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ESSAYONS D’ETRE OBJECTIF

L’ETA affirme que le gouverne- ment espagnol applique « un état d’exception » pour détruire « l’indépendantisme ». Sans être etarra-iste, je ne prétends pas non plus juger les parties qui se disputent le bout de gras en Euskal Herria. Par contre, au vu de la longue liste d’exactions illégales commises par le pou- voir espagnol à l’encontre des citoyens et organisations euskariens depuis de trop nombreuses années pas besoin de sortir de l’ENA, pour reconnaître au vu de la pluie de témoignages de la société civile, que le pouvoir espagnol pratique une politique d’anéantissement de la gauche basque indépendantiste. Alors je demande au gouvernement basque : (suite…)

AUTONOMIARI BURUZ

Je me permets de vous écrire pour apporter ma petite contribution à la réflexion sur l’idée d’auto- nomie. Sans être spécialement légitime pour par- ler de l’autonomie pour le Pays basque nord, n’y habitant pas, il me semble que cette idée fait son chemin bien au-delà des revendications nationales. Ça n’est pas qu’un hasard sémantique si ce mot peut être formulé autant par les indépen- dantistes polynésiens que par les autonomes berlinois ou encore les zapatistes. Des démarches qui peuvent sembler bien loin les unes des autres… Pas si sûr. Se retrouve dans ces différents combats la même envie de penser, de s’organiser de produire et créer indé- pendamment de tout pouvoir central. Beaucoup semblent voir l’au- tonomie comme un premier pas à franchir avant l’indépendance. Bon. Le symbole et la reconnaissance de l’indépendance sont importants, mais la réalité quotidienne de l’organisation sociale l’est tout autant. L’indépendance est une revendication, elle est un cadre, tout comme l’autonomie peut n’être qu’un cadre légal. Mais elle peut être plus que cela, être une pratique, qui n’attend pas le feu vert de qui que ce soit pour se concrétiser. Elle donne les champs de compétence que la volonté décide, volonté individuelle ou collective. Il ne s’agit pas de dire qu’il n’y a rien à revendiquer et que tout est à faire par nous-mêmes, il s’agit de dire que l’un n’empêche pas l’autre (de toutes façons, l’autonomie peut aussi s’inscrire dans le cadre d’un État indépendant). On a reproché aux zapatistes de ne pas s’inscrire dans une lutte pour l’indépendance de la nation indienne. Il n’empêche qu’ils s’autodéterminent au quo- tidien, sur des points aussi divers que la répartition de la terre, les rapports de domination en interne, le conflit de voisinage comme le conflit en Irak ou encore les relations avec les autres peuples du monde. Cette pratique quotidienne-là, beaucoup à travers le monde s’y attèlent, à de multiples échelles. C’est déjà une réalité. Beau- coup de gens au Pays basque, que cela soit formulé ou non, sont sur cette voie. Amplifions, creusons, multiplions ces démarches. Ne nous faisons pas d’illusions, jusqu’à un certain point seulement nous le pourrons, ensuite nous tomberons sur des murs.

Matias Ospital – Occitania

JAKIN ANTZINEKO IK-REN LIBURUAZ

1980 an sortu naiz, Filipe atxilotua izan zelarik zazpi urte nuen beraz.

Nahiz eta IK erakundeak nire gaztaroa zeharkatu duen, gutti nakien bere his- toriari buruz, eratu duten gizon emaz- teer buruz. Euskal munduan egoteak ez du bortsaz erran nahi politikoki iparral- deari buruz gauza asko dakigunik, fami- lia euskalduna ez dugunean oraindik gutiago, eta ez digu Hezkuntza Nazio- naleko programak sustu erakatsiko… Eneko-ren liburua duen balore pedago- gikoarentzat aholkatzen dut, bereziki gazteer, besteak beste La nuque raide eta Bixente Vrignon-en bi liburuak aholkatuko nituzkeen bezala. Gure historia ezagutu behar dugu ez ahanzteko eta aurrera segi- tzeko. Liburuaren egitura kronologikoa da, denboran zehar segitzen ditugu beraz Euskal herriaz maitemindu diren gizon emazte horien gogoetak eta ekintzak. Irakurketaz atxikitzen dudana gizon emazte horien kemena da, zerk bultzatu dituen hautu zail horretara, eta gibelapenarekin konturatzen naiz gaur egun ere, 2008ko bezperan, arazo berdinen aurrean garela… Bai lorpenak izan dira baina euska- raren erabilera % 5tan da Iparraldean ( Euskal Kultur Erakundeko azken inkestaren arabera) eta turismo basatiak familia batzuk euskal herritik kanpo bizitzerat behartzen ditu eta horren lekuko naiz maleruski. Horrezgain, nahiz eta lehen erabiltzaile naizen, ez dituzte Ryan Air edo Easy Jet hegaldi merkeek aferak hobetuko… Liburuak aipatzen dituen «flashback» delakoak ez dira gaurko egoeratik hain urrun eta frogatzat ditugu autonomia-ri buruzko gaurko eztabaidak ! Ainitz hunkitu naute heriotz tragikoen inguruan diren kapituluek, eta neska naizenez, Maddi ezagutzeko parada ukan ez dudala dolu dut. IK ez dela inoiz desegin azpimarra daiteke ere bai, 2003ko ekintza etikoak «egia» xekatzen du eta egia atxeman arte Nun da Popo galdera oraindik pausatua izanen da. Gaur egun IK isilik da baina ez du amore ematerat deitu. Borroka mota ezberdinetakoa izan daiteke, borroka instituzionala horietariko bat da. Euskal Herriaz maitemindu diren gizon emazte eta gazte kementsu batzuk hor direno, IKk iraunen du.

Audrey Hoc